Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

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Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Raoul Octavien Enguerrand le Mer 13 Juin 2012 - 0:17

Voici, comme promis, mon dernier perso. L'histoire n'est pas encore complète, mais suffisamment avancer pour bien que l'on cerne toute la dimension du perso. Je ne vous en dis pas plus. N'hésitez pas à faire tout les commentaires que vous voudrez, je suis ouvert à vos critiques !

Nom : Teophraste

Prénom : Raoul Octavien Enguerrand

*Surnom : Raoul

Sexe : Homme

Groupe : Pique

Âge : 40 ans

Poste/métier : Consultant à la Police Judiciaire Pesdane

Goûts : Alcool, Isolement, Enigme

Pouvoirs (2) : Réholucide. Il sent les flux de liquide. Par extension, celui du sang. Il a une capacité accru à sentir l'humeur des gens, notamment quand ils mentent, ou quand ils ont peur. Ce pouvoir est latent. Par sa nature discrète, Raoul ne se rend pas compte de ses effets. Par ce biais, il parait souvent plus perspicace que ses congénères, et à toujours été un interrogateur de choix.

Animal : Murène

Psychologie (4 lignes minimum): (cf Histoire)

Physionomie (3 lignes minimum) : Homme moyen, sec, cheveux noir en vrac. Mal sapé, mal rasé, mal luné. C'est un type comme les autres. Le genre de mec à se fondre dans une foule. Il porte usuellement un trenchcoat et un Stetson (cf avatar). Il fume et il boit, son teint est donc blafard et d'épaisses cernes soulignent ses yeux. Il n'en a rien à faire de son look, et il est donc souvent mal rasé et ses vêtements sont salies par la pluie et la boue.

Histoire (8 lignes minimum) :

Spoiler:
Y’a longtemps, j'avais une femme. Elle m'aimait à en crever. J'dois dire que moi aussi. Tout allait bien. Pourtant, un jour elle a craqué. À cause de mon métier. Avec un peu de recul, je la comprends. "Tu es trop glauque, Raoul, trop renfermé. Je t'en prie, parle moi !". J'ai fermé ma gueule, comme d'habitude. Parce que je pouvais pas lui raconter mon quotidien. Elle le supporterait pas, elle aurait gerbé. La seule personne qui tenait à moi s'est barrée de ma vie. Ce fut un putain de coup dur. Faut dire que j'en ai vues des vertes, des pas mures et même des en pépins.

Mon job ? Je suis le type qu'on appelle quand même les légistes peuvent pas regarder les cadavres en face sans s'évanouir. Je suis le type à qui on file les pires meurtres, les trucs les plus dégueu, les plus immondes qu'un homme puisse faire à un homme. Des gars soigneusement épluchés, centimètre de peau par centimètre de peau, avec une pince à épiler, des démembrements au couteau, des pervers cinglés qui culbutaient tellement fort les gamines qu'ils kidnappaient a la sortie des écoles qu'ils leurs brisaient les hanches. Tout ça parce que je suis insensible, ça ne me fait ni putain de chaud ni putain de froid. Pour vous faire une confidence, j'en avais même rien a foutre... Ouais, je suis vraiment pas ce qu'on appelle un type joyeux.

Quand on m'a appelé à trois heures du mat' cette nuit pour me faire venir sur une scène de crime, je m'attendais à la boucherie habituelle, mais quand je suis arrivé sur place, y'avait que ce vieil homme allongé par terre. En entier. Pas de sang, rien, tout en place. Pourtant quelque chose clochait dans ce macchabée. Un truc qui faisait froid dans le dos, mais qu'on remarque pas tout de suite. Ce qui clochait, c'était les traits de son visage ridé. Une expression de peur ultime gravée dans la chair imprimait son visage d'une facette terrifiante, voir fantastique. Tant de peur, d'effroi, d'habitude éphémères, prisonniers en un instantané monstrueux. Même moi, j'avais du mal à soutenir le regard du mort. Personne ne le regardait en face.
On aurait dit qu'il avait voulu nous transmettre, en dernière volonté, cette impression intense et incommensurable qu'on ressent quand sa mort est imminente, et qu'on voit son assassin sortir un couteau de cuisine pour vous découper les couilles par pur plaisir sadique sans que vous n'ayez rien le droit de faire de plus que de gueuler...

"Suicide ?" Suggéra le p'tit gars qu'on m'avait collé comme assistant.
"Meurtre." Tranchais-je
Ou alors fallait vraiment qu'on m'explique comment un homme de cinquante ans avait réussit à se foutre en l'air au milieu d'un lieu public et sans arme. Et puis, le suicide est un acte égoïste. On se suicide chez soi, dans un lieu où on a l'habitude de vivre, où on a des marques. Dans son canapé par exemple, avec un whisky et une photo de sa femme.
Comme ça, quand elle rentre du boulot, en plus de devoir laver les éclaboussures de cervelle sur le plafond, elle comprend que vous avez pensé a elle avant de vous déconnecter de ce monde. Ouais, c'est cool comme idée. Je veux mourir dans mon putain de canap'. Bref. Cet homme n'était de toute évidence pas mort de violences, ni même d'un suicide. Il était mort de peur.

Le macchabée était clean. Pas de violence évidente sur le corps ni sur les vêtements. Pas d’impact de balle sur les murs alentours. Pas d'objet malencontreusement tombé de la poche du ou des criminels. Le problème du bitume mouillé, c'est que les traces de pas ne prennent pas. On ne pouvait savoir ni le déroulement de l'action, ni le nombre de personnes présentes. Dans cette sombre allée de Pesda, un homme gisait, mort littéralement d'un effroi absolu. Quand c'est comme ça, mon premier réflexe c'est d'aller bouffer un coup au MakaDo. Ça aide à réfléchir. Mais à 4h, pas grand chose d'ouvert. A part le Trèfle du coin, mais j'ai pas envie de payer ma pomme un rubis.
"Café ?" me propose Justin
"Va te faire foutre"
Je connais le gosse depuis une heure à peine, et déjà il essaye de me refourguer sa merde. On a plusieurs fois essayé de m'empoisonner dans ma vie, mais personne ne l'a jamais fait avec autant d'instance que les p'tits gars de la PJ en me proposant leur distillat de goudron. Le mioche se casse. Au loin, j'entends déjà les bagnoles des journaleux qui rameutent en masse comme des mouches autours d'une merde fraîche. Il est temps pour moi de me casser.
"J'vais m'pieuter, p'tit gars. On se retrouve demain chez le légiste à neuf heures."

Whisky ou Bourbon... L'énigme de ma vie.
"Fais gaffe Raoul : l’alcool, ça te détruira" qu'elle me disait.
C'est justement le but. Raccourcir. Abréger.
Je rentre chez moi et me sors un verre. J'y jette un glaçon et j'attrape une bouteille. Whisky. J'enfile un premier verre, puis un deuxième. Puis, je me dis que je testerai bien un Bourbon. Trou noir. Je me réveille sur mon canap', un filet de bave coule au coin de ma bouche. L'orchestre symphonique joue Le Sacre du Printemps (Spring Khorovod, 1min45) dans ma tête. Mon appart est sans dessus dessous. Un homme est au milieu du salon. Un flingue braqué sur ma gueule.
"Qu'est ce que vous foutez dans mon appart ?"
Soudain, je réalise que le type ne me braque pas moi, mais Claire, mon ex-femme, crucifiée au mur derrière moi.
"T'es le genre d'enculé qui cible les faibles, hein..."
Je peux pas bouger de mon putain de canap'. J'suis coincé, comme ligoté.
"Elle a rien à voir là dedans. C'est moi que tu veux. Allez, vise moi et qu'on en finisse... Tire salaud, si t'en as une paire ! TIRE !"
Je me réveille sur mon canap', un filet de bave coule au coin de bouche. Mon réveille beugle comme si on l'égorgeait. 8h30. Je prends une douche rapide et je m'arrache direction le légiste.

Je déteste les morgues. C'est rempli de médecins qu'ont foiré leurs études ou à qui on a interdit de toucher un être humain vivant. Ce sont les rebuts d’Hippocrate, les maladroits et les malhabiles. Et pourtant, je m'y sens chez moi. Tout est blanc, aseptisé, même les sentiments. On ouvre des types sans plus se poser de questions morales, on les écorches sans faire de chichis. J'ai l'impression que les gens me comprennent, ressentent mon indifférence. Quand je m'pointe, le p'tit gars est déjà là, avec des croissants et tout. Pas de pot pour lui, j'ai pas faim quand je dessaoule. Je l'envoie chier en grognant quand il me tend à becter. Nous rentrons dans une salle d'opération. Désinfection et blouse blanche requises. Je m'approche de la grande silhouette illuminée d'un halo blanc pur.
"Alors doc', quoi d'neuf ?"
Le doc' sors ses mains de la cage thoracique du vieil homme, les gants dégoulinant de sang à moitié coagulé et de liquide pulmonaire.
"Le type est en parfaite forme. Au vu de ses poumons, il a jamais fumé de sa vie, l'analyse sanguine est nickel, de même que celle de ses résidus stomacaux, et de ses urines. Pas de drogues, pas de poison. Juste un gros surplus d’adrénaline."
"Voyons, doc', il a pas pu en crever tout de même !"
"Juste. C'est le cœur qui l'a foutu en l'air. Crise cardiaque due au stress"
Je me retourne et cherche du regard Justin. Il est pale comme un gant.
"Ben alors, fiston, c'est ta première fois ?"
Le gosse hoquette, puis se barre en courant au toilette. Je le suis du regard jusqu’à ce que le doc' m'interpelle.
"Putain de nom de Dieu !"
Entre ses doigts latexés, un pacemaker.
"Cherche pas plus loin : le voici, ton coupable."

Je suis las... Alors même que je ressentais un début d'excitation, voilà qu'on me coupe les pattes. Un putain de pacemaker... Mon téléphone vibre. C'est vraiment pas le moment de m'emmerder. Sérieusement, ces conneries sont censées vous sauver la vie, pas vous la foutre en l'air. Quelle mort conne. Le labo examine déjà le bidule pour confirmer que la panne a bien eut lieu... N’empêche qu'un truc colle pas. Sur le visage du vieil homme décédé, on pouvait lire la mort imminente. Ce type n'avait pas été pris par surprise par une mort soudaine, mais il l'avait vue venir. C'est l'instinct de l’enquêteur qui parle. Voir la mort en face, ça laisse des marques. Mon téléphone insiste. Je décroche. C'est le Département Technique.
"Quoi ?" aboyé-je
"Et ben Raoul, la gueule de bois ?"
"Aymeric, je t'ai déjà dit que ta voix me revenait pas ?"
"J'ai des infos sur ton macchabée. James Benett. Quarante-cinq ans et marié. Pas de gosse. Ingénieur en télécom'. Pas de casier, un type sans problème."
"Je veux en être sûr. File moi l'adresse de sa veuve."
"J'ai pas le droit, tu le sais."
"Tu te rappelles cette soirée ou t'as fini entre deux seins d'une pute ?"
"Non."
"J'ai des photos. Et le mail de ta femme."
"Tu fais chier."
"Je sais."

Je sonne. *ding dong*
"Oui ?"
Une femme d'une cinquantaine d'année apparaît dans l'encadrement de la porte. Elle a laissé la chaîne de verrouillage. Posture défensive, elle est méfiante. L'âge ou la culpabilité ? Je coupe court à toute analyse psychologique. J’suis pas payé pour ça.
"Votre mari est mort."
Je sors ma carte de consultant de la PJ. La femme me dévisage. Elle sonde mon regard, pour y détecter un mensonge. Je reste stoïque. Il appelle à l'aide, ce regard, apitoyé. Elle veut croire que c'est une blague. Elle commence à sangloter...
*Allez, chiale un bon coup, ça va te passer. De toute façon votre couple était mort, ça fait dix ans qu'il t'était pas passé dessus.*
Elle éclate en pleurs, se prostre sur le sol.
*Et ouais, plus personne pour payer la baraque, les bijoux, la robe de chambre en soie que tu portes, le parquet en teck que tu salopes avec tes larmes. Vivre simplement, les gens de cette société ne savent plus le faire. Ça les effraie. Ils se sentent dépossédés de leur droit au crédit banquier. Accros à la consommation, à la technologie, à la dépense et par dessus tout, au luxe.. Des fois, je me dis que j'aurais mieux fait de m'exiler chez les Cœurs.*

"Je suis convaincu que votre mari est victime d'un meurtre et j'aurai besoin de vous poser quelques questions sur ces derniers jours. Puis-je rentrer ?"
Je me force à être poli. Je me sens hypocrite avec mon ton désolé, mon regard de croque mort. Mais s'il y a bien un truc que j'ai appris pour survivre dans ce monde d'émotifs, c'est qu'il faut faire semblant d'en être un de temps à autre. Et même si ça me débecte de faire semblant d'être affligé par la mort de ce parfait inconnu, il faut que cette vielle bigote me crache les infos dont j'ai besoin. Avant même que je pose la moindre question, elle se met à me raconter la vie sans intérêt de son mari. Les derniers jours de son existence morne et répétitive. Combien il était bon et gentil. Ca ne sert à rien, mais je la laisse parler. Ca la met en confiance, elle me croit à l’écoute. Au bout d’un moment, je la coupe.
"Nous avons consulté les antécédents médicaux de votre mari. Pourquoi portait-il un peacemaker ?"
"Une malformation cardiaque. Son cœur faisait des micro-fibrillations fréquentes, et le peacemaker était là pour réguler son rythme. Il se l’était fait poser il y a environ 5 ans de cela, je dirai. Par Antoine Trocquet, le chirurgien en chef de l’hopital de…"
"Merci"
Je sors de la maison, excité. Antoine. Comment pouvait-elle se rappeler du prénom du chirurgien qui l’avait opéré vla 5 ans ? Les deux hommes se connaissaient, ils s’invitaient à manger régulièrement même. Mais un ingé en telecom et un chirurgien ne fréquente pas les mêmes écoles, ni les mêmes lieux de travail, loin de là. La zone industrielle et l’Hôpital Central de Pesda sont à deux extrémités de la ville. Je check les boites aux lettres à droites et à gauches de ce petit pâté de maison. Pas de Trocquet. Les deux hommes se connaissent alors que rien ne les lient. Je remonte dans la bagnole, direction l’HCP. Le gamin est resté là, à m’attendre benoitement. Comme un gentil toutou sage. Quitte à me coller un type dans les pattes, il aurait me donner quelqu’un d’utile. On arrive à l’HCP.
"Gare la voiture, gamin" lui dis-je en lui jetant les clés.
Je rentre dans le grand hall central de l’édifice médical, me dirige vers la pouffiasse de l’accueil, et lui plante mon badge sous le nez.
"Bonjour, je voudrai voir Dr Trocquet de toute urgence"
Pendant qu’elle réfléchit, je me rends compte que j’ai à faire à une gamine d’à peine 18 ans. Probablement jeune embauchée. Elle ne connaît pas encore le personnel. Elle passe un coup de fil, puis deux, puis trois.
"Monsieur, je suis désolé, Dr Trocquet est décédé voilà quatre ans et demi. "

Putain de nom de dieu de bordel de sac de nœud de merde.
"C’est peut-être juste une coïncidence" hasarde Justin.
"La vie m’a pas enseigné grand-chose, p’tit, mais parmi les leçons que j’ai retenues, c’est bien qu’il n’y a jamais de coïncidence dans ce métier. Ya que des putains de tordus. Rentre toi bien ça dans la tête, gamin. A chaque fois que tu crois voir une putain de coïncidence, tu peux te la foutre directement au cul."
Le gosse la boucle. Je finirai bien par lui rentrer quelque chose dans le crâne. Je choppe mon Smartphone, vais sur le site de « La Gazette Pesdane » et rentre le nom du chirurgien dans la barre de recherche. « Mme Trocquet lavé de tout soupçon dans l’affaire du meurtre présumé de son mari ».
"Tu vois, gamin, pas de coïncidence."
Je compose le numéro des archives
"Florian. Faut que tu me sortes tout ce que tu peux trouver sur le meurtre présumé de Mr Trocquet Antoine."
"Certes. Et pour quel raison te rendrai-je donc ce service ?"
"Parce que si tu ne le fais pas..."
"… Tu vas me casser la gueule ? T’es vraiment pas original comme type, Octavien"
"Je suis pas d’humeur aux politesses, alors fais pas chier"
"Moi non plus. Alors tu vas bouger ton cul et faire tes recherches toi-même. Je laisserai le local ouvert cette nuit"
Je raccroche. Quel con ce gratte-papier.

Les 200 dernières années de conneries journalistiques entassées dans une salle de serveurs gigantesque, le tout accompagné d’autant de paperasserie administrative produite par la Police pesdanne. Une série de terminaux avec des doubles écrans s’alignent devant moi. J’ai l’impression de rentrer dans une fosse à merde. Justin m’accompagne. Une longue fin d’après-midi nous attend.
"Il faut qu’on sorte le procès verbal, le rapport du légiste et celui de la PJ, qu’on retrouve tout les témoins appelés et tout ce qui s’est dit dans la presse. Cherche en particulier les interviews de madame, renseigne-toi sur les us et coutume du couple, si ils ont eu des marmots… Bref, tout ce que tu trouveras"
Je m’assoie à mon tour devant un poste et je me mets à compulser les database.


Dernière édition par Raoul Octavien Enguerrand le Dim 17 Juin 2012 - 14:18, édité 2 fois
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Jack le Mer 13 Juin 2012 - 22:50

Hmmm, c'est bon ça ! Remplis un peu plus les autres champs de la fiche, et en ce qui me concerne je valide !
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Raoul Octavien Enguerrand le Mer 13 Juin 2012 - 23:54

RÉCLAMATION : Je veux (et j'exige), un avatar de 170*320 (comme celui de Fear) ! Pourquoi les nouveaux comptes devraient-ils être brimer ?
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Parthénis [PNJs] le Jeu 14 Juin 2012 - 3:07

Tu as essayé de lier ton ava depuis un autre site ?

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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Wolfgang le Jeu 14 Juin 2012 - 5:23

Avant de valider, je vais attendre la suite. Néanmoins complète les parties... surtout aspects psycho et physio... c'est pas la mort de faire trois ou quatre lignes.

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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Raoul Octavien Enguerrand le Jeu 14 Juin 2012 - 8:51

Wolfy ! On dirai que tu le fais exprès ! J'ai dis, en réponse à un de tes postes, que je posterai mon perso avec son histoire pas encore complète pour lancer une nouvelle dynamique de roleplay sur le forum. Cette histoire me prend énormément de temps à raconter, parce que en ce moment, je bosse et que ce récit est complexe (une enquête quoi). En plus, je bosse simultanément sur une possible adaptation de ce récit à l'écran. Bref, si vous voulez attendre que j'ai finis, je repasse dans deux mois, quand mon stage sera finis lui aussi.
Pour le côté psycho, il me semble que le récit remplis très bien ce rôle descriptif, mieux en tout cas que les quelques lignes de résumer que je pourrai faire. Pour la physio, la description est certes chetive , mais d'un autre côté, la photo représente tout à fait correctement mon personnage. De plus, j'ajouterai que c'est pas l'intérêt du personnage que de savoir comment il s'habille. Je compléterai la partie physio, mais ne vous attendez pas à de grandiloquentes elocutions à ce sujet. Le nœud et l'intérêt que j'ai à faire se perso sont dans sa psychologie et dans son interaction mysanthrope avec le monde, pas de connaître le dernier modèle de son trenchcoat.
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Raoul Octavien Enguerrand le Jeu 14 Juin 2012 - 22:17

Physionomie complété. si ces messieurs dames voulaient bien avoir l'obligeance de bien vouloir valider mon BG, je leurs serai reconnaissant. Sachez que j'updaterai régulièrement ce poste afin de mettre à jour les apports que je ferai à l'histoire.
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Wolfgang le Dim 17 Juin 2012 - 17:17

Je valide.

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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Parthénis [PNJs] le Dim 17 Juin 2012 - 21:40

Pour moi c'est tout bon =) Validé !

(Pour ton ava je réitère ma question ci-dessus ^^)

(Et tu as intérêt à signaler quand tu postes un bout de BG, parce que je veux pas rater ça ^^)

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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Raoul Octavien Enguerrand le Dim 17 Juin 2012 - 22:02

Merci à vous, c'est bien aimable ^^
Je ferai un edit sur ce post régulièrement. Je travaille sur la suite. Lentement, mais surement.
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Fear Lyath le Mar 19 Juin 2012 - 2:18

On m'a dit que je pouvais la donner : tu as ma bénédic-validation, mon brave. rock
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Parthénis [PNJs] le Mar 19 Juin 2012 - 13:47

Bon ben à moins que je ne me plante sur les lois qui gouvernent ce forum (auquel cas je fais confiance à Maka et Wolfy pour me rappeler à l'ordre ;) ), tu es donc autorisé à jouer ! Amuse-toi bien =)

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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Miki L. le Mar 19 Juin 2012 - 14:50

Le meutrier est le majordome ! C'est toujours le majordome.
Blague à part j'adore, \o/ tu n'as pas idée de à quelle point je suis totalement fan des romans bien noirs, alors bien sûr je veux la suite.
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Raoul Octavien Enguerrand le Mar 19 Juin 2012 - 15:36

Qui veut commencer un rp avec moi ?
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Wolfgang le Mar 19 Juin 2012 - 16:59

Bon désolée de faire ma méchante, mais ce n'est pas le temps de faire du flood à la suite de ta fiche. Il y a eu lieu spécialement pour faire les demandes de RP/ signaler aux autres qu'il y a un RP disponible.

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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Parthénis [PNJs] le Mer 20 Juin 2012 - 12:39

Ah bon ? OO" *va chercher où parce que ça l'embête de se dire qu'à son âge elle a déjà Alzheimer*

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Raoul, la suite et nouvelle version remise en page

Message par Raoul Octavien Enguerrand le Sam 23 Juin 2012 - 3:06

Voici la suite de Raoul. Je la reposte en entier, puisque j'ai fait quelques modifications de mises en page (elles ne se voit pas malheureusement sur le poste) et de formulations. N'hésitez pas à me faire des retour. Surtout sur la fin, parce que je commence à disposer, patiemment, les pièces de mon puzzle, et que je veux pas que ce soit confus. Donc, si vous comprenez pas, je vous en prie ! (quand je pense à tout ce qu'il me reste à écrire... Woot, c'est l'histoire la plus complexe que j'ai posé jusqu'a là :p)

PS : alors, y-est-il un espace réservé à des appels d'offres de RP ?

Spoiler:
Raoul Octavien Enguerrand Théophraste

Y’a longtemps, j'avais une femme. Elle m'aimait à en crever. J'dois dire que moi aussi. Tout allait bien. Pourtant, un jour elle a craqué. À cause de mon métier. Avec un peu de recul, je la comprends. "Tu es trop glauque, Raoul, trop renfermé. Je t'en prie, parle moi !". J'ai fermé ma gueule, comme d'habitude. Parce que je pouvais pas lui raconter mon quotidien. Elle le supporterait pas, elle aurait gerbé. La seule personne qui tenait à moi s'est barrée de ma vie. Ce fut un putain de coup dur. Faut dire que j'en ai vues des vertes, des pas mures et même des en pépins.

Mon job ? Je suis le type qu'on appelle quand même les légistes peuvent pas regarder les cadavres en face sans s'évanouir. Je suis le type à qui on file les pires meurtres, les trucs les plus dégueu, les plus immondes qu'un homme puisse faire à un homme. Des gars soigneusement épluchés, centimètre de peau par centimètre de peau, avec une pince à épiler, des démembrements au couteau, des pervers cinglés qui culbutaient tellement fort les gamines qu'ils kidnappaient a la sortie des écoles qu'ils leurs brisaient les hanches. Tout ça parce que je suis insensible, ça ne me fait ni putain de chaud ni putain de froid. Pour vous faire une confidence, j'en avais même rien a foutre... Ouais, je suis vraiment pas ce qu'on appelle un type joyeux.

Quand on m'a appelé à trois heures du mat' cette nuit pour me faire venir sur une scène de crime, je m'attendais à la boucherie habituelle, mais quand je suis arrivé sur place, y'avait que ce vieil homme allongé par terre. En entier. Pas de sang, rien, tout en place. Pourtant quelque chose clochait dans ce macchabée. Un truc qui faisait froid dans le dos, mais qu'on remarque pas tout de suite. Ce qui clochait, c'était les traits de son visage ridé. Une expression de peur ultime gravée dans la chair imprimait son visage d'une facette terrifiante, voir fantastique. Tant de peur, d'effroi, d'habitude éphémères, prisonniers en un instantané monstrueux. Même moi, j'avais du mal à soutenir le regard du mort. Personne ne le regardait en face.
On aurait dit qu'il avait voulu nous transmettre, en dernière volonté, cette impression intense et incommensurable qu'on ressent quand sa mort est imminente, et qu'on voit son assassin sortir un couteau de cuisine pour vous découper les couilles par pur plaisir sadique sans que vous n'ayez rien le droit de faire de plus que de gueuler...

"Suicide ?" Suggéra le p'tit gars qu'on m'avait collé comme assistant.
"Meurtre." Tranchais-je
Ou alors fallait vraiment qu'on m'explique comment un homme de cinquante ans avait réussit à se foutre en l'air au milieu d'un lieu public et sans arme. Et puis, le suicide est un acte égoïste. On se suicide chez soi, dans un lieu où on a l'habitude de vivre, où on a des marques. Dans son canapé par exemple, avec un whisky et une photo de sa femme.
Comme ça, quand elle rentre du boulot, en plus de devoir laver les éclaboussures de cervelle sur le plafond, elle comprend que vous avez pensé a elle avant de vous déconnecter de ce monde. Ouais, c'est cool comme idée. Je veux mourir dans mon putain de canap'. Bref. Cet homme n'était de toute évidence pas mort de violences, ni même d'un suicide. Il était mort de peur.

Le macchabée était clean. Pas de violence évidente sur le corps ni sur les vêtements. Pas d’impact de balle sur les murs alentours. Pas d'objet malencontreusement tombé de la poche du ou des criminels. Le problème du bitume mouillé, c'est que les traces de pas ne prennent pas. On ne pouvait savoir ni le déroulement de l'action, ni le nombre de personnes présentes. Dans cette sombre allée de Pesda, un homme gisait, mort littéralement d'un effroi absolu. Quand c'est comme ça, mon premier réflexe c'est d'aller bouffer un coup au MakaDo. Ça aide à réfléchir. Mais à 4h, pas grand chose d'ouvert. A part le Trèfle du coin, mais j'ai pas envie de payer ma pomme un rubis.
"Café ?" me propose Justin
"Va te faire foutre"
Je connais le gosse depuis une heure à peine, et déjà il essaye de me refourguer sa merde. On a plusieurs fois essayé de m'empoisonner dans ma vie, mais personne ne l'a jamais fait avec autant d'instance que les p'tits gars de la PJ en me proposant leur distillat de goudron. Le mioche se casse. Au loin, j'entends déjà les bagnoles des journaleux qui rameutent en masse comme des mouches autours d'une merde fraîche. Il est temps pour moi de me casser.
"J'vais m'pieuter, p'tit gars. On se retrouve demain chez le légiste à neuf heures."

Whisky ou Bourbon... L'énigme de ma vie.
"Fais gaffe Raoul : l’alcool, ça te détruira" qu'elle me disait.
C'est justement le but. Raccourcir. Abréger.
Je rentre chez moi et me sors un verre. J'y jette un glaçon et j'attrape une bouteille. Whisky. J'enfile un premier verre, puis un deuxième. Puis, je me dis que je testerai bien un Bourbon. Trou noir. Je me réveille sur mon canap', un filet de bave coule au coin de ma bouche. L'orchestre symphonique joue Le Sacre du Printemps (Spring Khorovod, 1min45) dans ma tête. Mon appart est sans dessus dessous. Un homme est au milieu du salon. Un flingue braqué sur ma gueule.
"Qu'est ce que vous foutez dans mon appart ?"
Soudain, je réalise que le type ne me braque pas moi, mais Claire, mon ex-femme, crucifiée au mur derrière moi.
"T'es le genre d'enculé qui cible les faibles, hein..."
Je peux pas bouger de mon putain de canap'. J'suis coincé, comme ligoté.
"Elle a rien à voir là dedans. C'est moi que tu veux. Allez, vise moi et qu'on en finisse... Tire salaud, si t'en as une paire ! TIRE !"
Je me réveille sur mon canap', un filet de bave coule au coin de bouche. Mon réveille beugle comme si on l'égorgeait. 8h30. Je prends une douche rapide et je m'arrache direction le légiste.

Je déteste les morgues. C'est rempli de médecins qu'ont foiré leurs études ou à qui on a interdit de toucher un être humain vivant. Ce sont les rebuts d’Hippocrate, les maladroits et les malhabiles. Et pourtant, je m'y sens chez moi. Tout est blanc, aseptisé, même les sentiments. On ouvre des types sans plus se poser de questions morales, on les écorches sans faire de chichis. J'ai l'impression que les gens me comprennent, ressentent mon indifférence. Quand je m'pointe, le p'tit gars est déjà là, avec des croissants et tout. Pas de pot pour lui, j'ai pas faim quand je dessaoule. Je l'envoie chier en grognant quand il me tend à becter. Nous rentrons dans une salle d'opération. Désinfection et blouse blanche requises. Je m'approche de la grande silhouette illuminée d'un halo blanc pur.
"Alors doc', quoi d'neuf ?"
Le doc' sors ses mains de la cage thoracique du vieil homme, les gants dégoulinant de sang à moitié coagulé et de liquide pulmonaire.
"Le type est en parfaite forme. Au vu de ses poumons, il a jamais fumé de sa vie, l'analyse sanguine est nickel, de même que celle de ses résidus stomacaux, et de ses urines. Pas de drogues, pas de poison. Juste un gros surplus d’adrénaline."
"Voyons, doc', il a pas pu en crever tout de même !"
"Juste. C'est le cœur qui l'a foutu en l'air. Crise cardiaque due au stress"
Je me retourne et cherche du regard Justin. Il est pale comme un gant.
"Ben alors, fiston, c'est ta première fois ?"
Le gosse hoquette, puis se barre en courant au toilette. Je le suis du regard jusqu’à ce que le doc' m'interpelle.
"Putain de nom de Dieu !"
Entre ses doigts latexés, un pacemaker.
"Cherche pas plus loin : le voici, ton coupable."

Je suis las... Alors même que je ressentais un début d'excitation, voilà qu'on me coupe les pattes. Un putain de pacemaker... Mon téléphone vibre. C'est vraiment pas le moment de m'emmerder. Sérieusement, ces conneries sont censées vous sauver la vie, pas vous la foutre en l'air. Quelle mort conne. Le labo examine déjà le bidule pour confirmer que la panne a bien eut lieu... N’empêche qu'un truc colle pas. Sur le visage du vieil homme décédé, on pouvait lire la mort imminente. Ce type n'avait pas été pris par surprise par une mort soudaine, mais il l'avait vue venir. C'est l'instinct de l’enquêteur qui parle. Voir la mort en face, ça laisse des marques. Mon téléphone insiste. Je décroche. C'est le Département Technique.
"Quoi ?" aboyé-je
"Et ben Raoul, la gueule de bois ?"
"Aymeric, je t'ai déjà dit que ta voix me revenait pas ?"
"J'ai des infos sur ton macchabée. James Benett. Quarante-cinq ans et marié. Pas de gosse. Ingénieur en télécom'. Pas de casier, un type sans problème."
"Je veux en être sûr. File moi l'adresse de sa veuve."
"J'ai pas le droit, tu le sais."
"Tu te rappelles cette soirée ou t'as fini entre deux seins d'une pute ?"
"Non."
"J'ai des photos. Et le mail de ta femme."
"Tu fais chier."
"Je sais."

Je sonne. *ding dong*
"Oui ?"
Une femme d'une cinquantaine d'année apparaît dans l'encadrement de la porte. Elle a laissé la chaîne de verrouillage. Posture défensive, elle est méfiante. L'âge ou la culpabilité ? Je coupe court à toute analyse psychologique. J’suis pas payé pour ça.
"Votre mari est mort."
Je sors ma carte de consultant de la PJ. La femme me dévisage. Elle sonde mon regard, pour y détecter un mensonge. Je reste stoïque. Il appelle à l'aide, ce regard, apitoyé. Elle veut croire que c'est une blague. Elle commence à sangloter...
*Allez, chiale un bon coup, ça va te passer. De toute façon votre couple était mort, ça fait dix ans qu'il t'était pas passé dessus.*
Elle éclate en pleurs, se prostre sur le sol.
*Et ouais, plus personne pour payer la baraque, les bijoux, la robe de chambre en soie que tu portes, le parquet en teck que tu salopes avec tes larmes. Vivre simplement, les gens de cette société ne savent plus le faire. Ça les effraie. Ils se sentent dépossédés de leur droit au crédit banquier. Accros à la consommation, à la technologie, à la dépense et par dessus tout, au luxe.. Des fois, je me dis que j'aurais mieux fait de m'exiler chez les Cœurs.*

"Je suis convaincu que votre mari est victime d'un meurtre et j'aurai besoin de vous poser quelques questions sur ces derniers jours. Puis-je rentrer ?"
Je me force à être poli. Je me sens hypocrite avec mon ton désolé, mon regard de croque mort. Mais s'il y a bien un truc que j'ai appris pour survivre dans ce monde d'émotifs, c'est qu'il faut faire semblant d'en être un de temps à autre. Et même si ça me débecte de faire semblant d'être affligé par la mort de ce parfait inconnu, il faut que cette vielle bigote me crache les infos dont j'ai besoin. Avant même que je pose la moindre question, elle se met à me raconter la vie sans intérêt de son mari. Les derniers jours de son existence morne et répétitive. Combien il était bon et gentil. Ca ne sert à rien, mais je la laisse parler. Ca la met en confiance, elle me croit à l’écoute. Au bout d’un moment, je la coupe.
"Nous avons consulté les antécédents médicaux de votre mari. Pourquoi portait-il un peacemaker ?"
"Une malformation cardiaque. Son cœur faisait des micro-fibrillations fréquentes, et le peacemaker était là pour réguler son rythme. Il se l’était fait poser il y a environ 5 ans de cela, je dirai. Par Antoine Trocquet, le chirurgien en chef de l’hopital de…"
"Merci"
Je sors de la maison, excité. Antoine. Comment pouvait-elle se rappeler du prénom du chirurgien qui l’avait opéré vla 5 ans ? Les deux hommes se connaissaient, ils s’invitaient à manger régulièrement même, et leurs femmes rigolaient ensembles et parlaient chiffons pendant que ces messieurs sirotaient un Scotch affiné 21 ans hors de prix au coin du feu. Mais un ingé en telecom et un chirurgien ne fréquente pas les mêmes écoles, ni les mêmes lieux de travail, loin de là. La zone industrielle et l’Hôpital Central de Pesda sont à deux extrémités de la ville. Je check les boites aux lettres à droites et à gauches de ce petit pâté de maison. Pas de Trocquet. Les deux hommes se connaissent alors que rien ne les lient. Je remonte dans la bagnole, direction l’HCP. Le gamin est resté là, à m’attendre benoitement. Comme un gentil toutou sage. Quitte à me coller un type dans les pattes, il aurait me donner quelqu’un d’utile. On arrive à l’HCP.
"Gare la voiture, gamin" lui dis-je en lui jetant les clés.
Je rentre dans le grand hall central de l’édifice médical, me dirige vers la pouffiasse de l’accueil, et lui plante mon badge sous le nez.
"Bonjour, je voudrai voir Dr Trocquet de toute urgence"
Pendant qu’elle réfléchit, je me rends compte que j’ai à faire à une gamine d’à peine 18 ans. Probablement jeune embauchée. Elle ne connaît pas encore le personnel. Elle passe un coup de fil, puis deux, puis trois.
"Monsieur, je suis désolé, Dr Trocquet est décédé voilà quatre ans et demi. "

Putain de nom de dieu de bordel de sac de nœud de merde.
"C’est peut-être juste une coïncidence" hasarde Justin.
"La vie m’a pas enseigné grand-chose, p’tit, mais parmi les leçons que j’ai retenues, c’est bien qu’il n’y a jamais de coïncidence dans ce métier. Ya que des putains de tordus. Rentre toi bien ça dans la tête, gamin. A chaque fois que tu crois voir une putain de coïncidence, tu peux te la foutre directement au cul."
Le gosse la boucle. Je finirai bien par lui rentrer quelque chose dans le crâne. Je choppe mon Smartphone, vais sur le site de « La Gazette Pesdane » et rentre le nom du chirurgien dans la barre de recherche. « Mme Trocquet lavé de tout soupçon dans l’affaire du meurtre présumé de son mari ».
"Tu vois, gamin, pas de coïncidence."
Je compose le numéro des archives
"Florian. Faut que tu me sortes tout ce que tu peux trouver sur le meurtre présumé de Mr Trocquet Antoine."
"Certes. Et pour quel raison te rendrai-je donc ce service ?"
"Parce que si tu ne le fais pas..."
"… Tu vas me casser la gueule ? T’es vraiment pas original comme type, Octavien"
"Je suis pas d’humeur aux politesses, alors fais pas chier"
"Moi non plus. Alors tu vas bouger ton cul et faire tes recherches toi-même. Je laisserai le local ouvert cette nuit"
Je raccroche. Quel con ce gratte-papier.

Les 200 dernières années de conneries journalistiques entassées dans une salle de serveurs gigantesque, le tout accompagné d’autant de paperasserie administrative produite par la Police pesdanne. Une série de terminaux avec des doubles écrans s’alignent devant moi. J’ai l’impression de rentrer dans une fosse à merde. Justin m’accompagne. Une longue fin d’après-midi nous attend.
"Il faut qu’on sorte le procès verbal, le rapport du légiste et celui de la PJ, qu’on retrouve tout les témoins appelés et tout ce qui s’est dit dans la presse. Cherche en particulier les interviews de madame, renseigne-toi sur les us et coutume du couple, si ils ont eu des marmots… Bref, tout ce que tu trouveras"
Je m’assoie à mon tour devant un poste et je me mets à compulser les database. L’après midi passe lentement. Je feuillette respectivement les archives légistes, ou il est indiqué à tour de rôle que Mr Trocquet est victime d’un empoisonnement, puis d’un suicide. C’est ce dernier qui a été retenu. Alcool + Medoc qu’ils disent. Il se pourrait bien que je finisse comme ça. J'aurai bien inspecter le macchabé, mais je lis que Mme Trocquet à incinerer son défunt mari. Dissimulation de preuve ou ultime voeu du mort ?
Je passe à la suite. Les journaux, ma lecture préférée. "Scandale chez les Trocquets : l'épouse du défunt accusé de meurtre" ; "Mme Trocquet soupconnée" ; "Le majordome témoigne en faveur du suicide" ; "De nouvelle preuves dans l'affaire Trocquet, le meurtre est exclu" ; "Mme Trocquet innoncentée demande dommage et intérêt pour préjudice moral". Du sensas' au rabais, pitoyable attention pour attirer le bedeau de son quotidien fade et morne. Je hais les journalistes plus que toutes les espèces peuplant cette putain de ville.
Un détail important sort pourtant de cette masse de chienlit. Les Trocquet avaient un majordome. Après quelques recherches, le majordome s'appelle George Lys, et c'est un jeune homme de 20 ans. Ce nom me dit quelque chose. Rien de plus sur lui. Pas de casier, pas de véhicule. Rien, pour tout dire. C'est comme si le jeune homme avait disparu de la circulation. Coup de maitre dans une cité sur-peuplé comme Pesda. Je lance le programme de reconnaissance faciale de la banque de donnée des criminelles, voir si le visage de George ne ré-apparaitrait pas dans une des prisons sous-marine de la ville. Le processus va prendre un peu de temps, je fais pivoter ma chaise et cherche Justin du regard. Mes yeux tombent sur une horloge. 22h.

Justin m'entends bouger, il sort le nez de son écran et se retourne vers moi.
"Alors, qu'as-tu appris gamin ?"
"Pas grand chose. Accusé puis relaxé grace à une analyse médico-légale et au témoignage du majordome."
"Rien d'autre ?" Je suis décu, ce gosse n'a décidement rien dans la tête.
"Euhhh..."
"Le majordome. Plus une trace, disparu. Pas une photo, pas une ID, juste son procès verbal. "
"Pas de coincidence"
"Ouaip. Tu retiens vite. Meurtirer ? complice de la femme ? Un truc tourne pas rond dans cette histoire. Personne disparait comme ça, à moins d'avoir quelque chose à se reprocher."
"Que fait-on maintenant, on chasse un fantôme ?"
"On va voir Madame Trocquet. Voir si sa version est toujours la même, voir si ya pas d'incohérence."
"Je sais ou elle habite. Plein centre ville dans un appartement immense. Les journaux donnaient son adresse."
"Hummpf... A cette heure, je sais pas si c'est une bonne idée. Rendez-vous demain matin au centre ville devant son immeuble. 7h"
Je sors du bâtiment, penseur. Ce majordome qui disparaît me trouble. Pour quelle raison obscure un homme disparaitrait-il juste après un procès si ce n’est parce qu’il a quelque chose à se reprocher. Et cet homme, riche et talentueux, avec une femme superbe, qui se suicide. J’y crois moyen. J’y crois même pas du tout à leurs merdiers. Le type devait se faire 3 fois mon revenu mensuel à la minute. Et dans cette ville, l’argent fait le bonheur. Mon téléphone sonne. Décidément, ce machin, c’est comme les moustiques : ça fait du bruit et t’as envie de le claquer contre un mur. C’est le Labo.

" Raoul à l’appareil"
" On dit bonjour quand on a deux brins de savoir vivre "
" Qu’est ce que tu me veux ? "
" Le pacemaker de ton gars"
" Ouai ? "
"Il était télécommandé "
"Bordel, mais vous fumez quoi, au Labo ?!"
"M’emmerde pas. J’ai été tiré à la courte paille pour passer ce coup de fil, alors épargne-moi ton sarcasme, et laisse-moi finir. Le pacemaker est télécommandé. Son arrêt peut-être programmé à distance, une vingtaine de mètre. L’antenne était branchée sur la pile, et au déclenchement, elle créait un court-circuit et électrocutait le cœur, arrêtant le cycle de pompage. Fibrillation garantit en moins de 20 secondes. Sans aucun doute ce qui a causé la mort de ton gars, d’après le Doc’. Eh… Raoul…"
"Quoi ? "
"Faut vraiment que tu te fasses soigner, parce que t’en tiens une sacrée couche. "
"Va te faire enculer chez les Trèfle. "
Ce fils de Métissé me pète les burnes, mais il a le mérite de m'avoir apporté la plus importante des informations depuis le début de cette enquête. Bon, reprend toi Raoul. Résume, synthétise. Un type se fait implanter un pacemaker télécommandé par un chirurgien avec qui il est manifestement ami. Drôle de cadeau. Le chirurgien, alors à l’apogée de sa carrière, met brusquement fin à ses jours dans un suicide controversé, trois mois à peine après ledit acte chirurgical. Suicide ? Pourquoi se suicider ? Le remord, la culpabilité ?...Sa femme est relaxé et son majordome confirme avoir trouvé Mr Trocquet avec un flacon de somnifère et une bouteille de Whisky dans son bureau. Les soupçons sont redirigés vers George, mais rien n’est trouvé non plus. Peu de temps après, il disparaît de la circulation.
Autre mystère, comment le chirurgien s’est procuré sa putain de camelote ? Et surtout pourquoi ? Pourquoi vouloir piéger le pacemaker d’un ami, un type qu’il fréquentait régulièrement, et qu’il invitait à manger chez lui ! Faut être sacrément tordu…

… Ou être sous l’emprise du chantage. Eureka ! Servir la volonté de quelqu’un d’autre sous la menace. C’est ça la solution, le majordome ou la femme faisaient chanter Antoine Trocquet. L’un ou l’autre l’a forcé à truquer l’implant de son ami. Le Dr Trocquet ne se le pardonne pas, met fin à ses jours. Cette solution sonne plutôt bien. Mais elle implique des suspicions de meurtre avec préméditation, particulièrement sur Mme Kennet épouse Trocquet, et sur le mystérieux majordome, George Noyce. Et elle ne répond pas aux trois questions majeures :
- Qui du majordome ou de la femme à fait chanter Antoine Trocquet
- Qui as donc pu fournir un tel pacemaker ?
- Et surtout, pourquoi vouloir tuer James Benett, et pourquoi le prévoir autant à l’avance ?!
Toujours la même réponse. Pour le faire chanter. James avait été mis au courant par son agresseur de l’épée de Damocles qui lui pendait sur la tête si il n’obéissait pas au doigt et à l’œil : une mort instantanée par arrêt cardiaque. Mais alors, qu’a fait James Benett contre sa volonté pendant ces cinq dernières années. Encore une question de plus à résoudre.
J’ai mal au crâne. Ca fait 2 heures que je suis là, à cogiter, sur un banc. Le flux de voiture, inarretable, vrombit à 2 mètres de moi, plein phares, roulant à toute berzingue sur le grand boulevard du Talon. Pas de repos pour le Pesdan. Les entreprises qui restent ouvertes 24h sur 24 ne sont pas rares dans la grande capitale. Galeries marchandes immenses, petits bouibouis, bars à putes, salle de sport... Pesda est une ville qui ne s'arrête pas. Une espèce de monstre insomniaque, une fourmilière détestable dans laquelle on a envie de mettre un grand coup de pied pour voir la réaction affolé des milliers de petites fourmis, perdu sans leurs couloirs et leurs administrations. Courrez, bande de larve. Je suis le sadique avec la loupe. Le connard à l'eau bouillante. L'enfoiré qui va vous enfumer d'insecticide. Ce soir, ce sera Bourbon et du Jazz
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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

Message par Parthénis [PNJs] le Sam 23 Juin 2012 - 16:35

Tu mets pas le même nom de famille au majordome les deux fois où tu le cites !

Et sinon c'est toujours fort agréable à lire =)

(Et je suppose que le topic des demandes de rp ça doit être la foire au topic dans le flood ?)

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Re: Raoul Octavien Enguerrand Teophraste [Huit de Pique]

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