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Message par Robert Begarion le Lun 25 Mai 2009 - 22:01

Une œuvre de ma main, pour que vous puissiez me rendre les coups et assassiner mes écrits à votre tour. Faut être fair-play, si, si.


Chapitre premier – Dans la toundra (suite du post)
Chapitre deuxième – Le sas technique
Chapitre troisième – Icecreek
Chapitre quatrième – Partiel
Chapitre cinquième – Le voyageur
Chapitre sixième – Pêche au gros
Chapitre septième – Cataplasmes et calfatages
Chapitre huitième – Incognito
Chapitre neuvième – Les abysses silencieuses
Chapitre dixième – Archéologie
Chapitre onzième – Combat naval
Chapitre douzième – Une nuit radieuse
Chapitre treizième – Vendetta
Chapitre quatorzième – La grotte
Chapitre quinzième – Le retour des Métissés
Chapitre seizième – Naufragée

Spoiler:
DT12 – chapitre premier – Dans la toundra

Tourbillonnant dans l'azur ténébreux, un filet de vapeur argentée se hissait vers les ultimes cristaux de lumière céleste, fers de lances d'une arrière-garde nocturne qui céderait bientôt ses retranchements aux rayons de l'aube. Les batteries à plasma crachaient encore dans le lointain, au delà de la mince brume qui entourait la péninsule. Mais les combats ne portèrent jamais jusqu'aux fortifications d'El Nigloule : les uniformes d'albâtre avaient été repoussés avant.

-Ils doivent s'en manger une mémorable.
-Tu l'as dit. On leur a balancé assez de salves pour couler la banquise.
Deux soldats et un pingouin, fusil en bandoulière et bâtonnet fumant au bec, contemplaient les feux aux couleurs de l'arc-en-ciel à l'horizon. Le volatile tapota du bec la cartouchière de son compagnon avec un air insistant. Comme celui-ci ne paraissait pas s'en rendre compte, la troisième garde l'avisa :
-Dis, Igor, y'a l'adjudant qui reveut une dose.
-Ah ouais. Tiens, piglouf.
Et de lui fourguer une cartouche gris sombre, que le palmipède s'empressa d'insérer dans son cigare chromé, après avoir expulsé l'hôte précédent de l'objet avec négligence.
-Xut.
-Eh ! On dit « merci », pas « zut », quand on a un rien de politesse ! s'emporta Igor.

Le pingouin tira une bouffée et souffla tranquillement sa fumée argentée.
-Mon nom c'est Xut, pas « piglouf », O.K. ?
-Je pourrais m'en souvenir si tu disais plus de vingt mots par jour, se moqua Igor.
-Arrête ça, grinça Xut.
-Tu as peur qu'on te prenne pour autre chose que la mascotte du régiment ?
-Arrête ton char, j'ai dit ! Tu sais très bien pourquoi !
-Quoi ? Y'a pas de mal à ta situation ! C'est pas comme si tu étais...
-Un renégat ? lâcha sinistrement Xut.
-On sait tous que ça n'est pas le cas, Xut, intervint la jeune femme.
-Merci, Clarisse, bredouilla-t-il.
-De rien. Dis, Igor, je reprendrais bien une douille, moi aussi.
-Une officielle ?
-Bien obligée. Les vraies, tu me les ferais payer.
-Eh, oh ! C'est de la fabrication artisanale, du travail de minutieux. Chacune d'entre elles a été amoureusement débridée et vidée par moi, puis remplie de mon mélange maison !
-Raison de plus pour pas s'empoisonner avec, rétorqua Clarisse. File-moi ça.
-Tu vas pas croire ces niaiseries de l'hygiène publique ? s'exclama Igor en lançant à son équipière une autre cartouche grise.
-Ça, user des métascanners longue portée pour détecter les clopes « non-homologuées », c'est de la paranoïa complète. Ils doivent fumer plus corrosif, là-haut, ronchonna Xut.
-Tu délires !? Y'a plus que des jeunots chez les huiles, ils ne fument que de la menthe verte ! railla Igor.
-Je trouve surtout que c'est un gâchis de matériel immense. Avec autant de senseurs à mi-profondeur sur la côte, on aurait jamais été pris par surprise ! Tu imagines les dégâts qu'on aurait évités ? s'insurgea Clarisse.
-Oui, mais ça les aurait alertés aussi. Et ils se méfieraient de ce qui se passe en dessous d'eux, maintenant, alors que c'est à cette heure que la défense de la base prend tout son sens, psalmodia tranquillement Xut.
-Sûr, confirma Igor.
-Ils vont perdre les deux tiers de leur flotte durant la retraite, et sans comprendre rien de ce qui leur arrive. Ces enflures croyaient que leur bouclier électrique les rendait invulnérables ? Ils vont réaliser leur erreur quand ils grilleront dans leur jus ionisé, conclut férocement Xut.


Le silence se fit, et le seul clapotis des vagues fut perceptible durant quelques minutes. Se détachant des massifs remparts composites, on devinait la silhouette mouvante de l'océan, plus sombre que l'herbe fine et mouillée qui parsemait le promontoire jusqu'à la plage. Le chant d'un orque résonna. Quelques piaillements d'oiseaux marins lui répondirent de façon hachée et disparate. Puis le jour se leva, le Soleil Un étendit son éclat sur la terre gelée. Les premiers rayons furent éblouissants dans leur réverbération, si bien que les trois sentinelles s'empressèrent de tourner le dos à l'astre

-On annonce une belle journée, déclara Clarisse, enjouée.
-Une journée hors du commun ! Piglouf a été prolixe, aujourd'hui !
Xut jeta un regard d'une noirceur absolue à Igor, qui feignit de ne pas le voir. Soudain, un geyser creva l'horizon, puis, quelques secondes plus tard, retentit une formidable détonation. Alors le feu reprit, et les limbes du ciel s'emplirent de rayons d'énergie multicolores.
-B8, porte-avions coulé, sourit Igor.
-La fiesta a commencé, constata Clarisse.
-Qu'est-ce qu'ils vont prendre...
-Il ne nous manquerait plus qu'une belle aurore boréale pour achever de théâtraliser cette scène magnifique, reprit la militaire d'un ton rêveur.
-C'est prévu.
Igor regarda sa montre
-Dans onze minutes, attends que S2 se lève.
-Ils sont presque synchros aujourd'hui, ces deux-là.
Xut approuva du chef. Il reporta son regard sur l'espace entre les deux miradors entourant le portail d'El Nigloule, là où apparaîtrait normalement le second astre du jour. En suivant la ligne des fortifications, une masse sombre dans le chenal de sortie attira son attention. Bientôt, le monstre s'enfonça, et la forme bombée du sous-marin pesdan disparut sous les flots.

-C'est bien le Dichotomic qui vient de plonger à l'instant ?
Du menton, Xut confirma les propos de Clarisse.
-Ouaip. Il va prendre son tour pour flanquer des dragées bien mûres dans le lard de ces bateaux de couards, se réjouit Igor en se frottant les mains. D'ailleurs pour fêter ça, je m'en remets une « authentique », avec du vrai bon tabac bien concentré et bien dégueulasse !
Et de sortir de sa cartouchière une douille vert fluo avec un trèfle nucléaire souriant, d'examiner son œuvre en humant avec approbation, puis de remplacer la cartouche épuisée de son cigare.
-Y'a pas à dire, c'est sans comparaison, jubila-t-il en observant la fumée noire monter de ses lèvres vers les cieux, décrire des arabesques fuligineuses et se disperser dans le lointain. Igor resta ainsi quelques instants avant de se rendre compte que ses deux compagnons louchaient sur lui.
-Quoi ?
-Bin, c'est-à-dire... Que...
-Ouais ! Quoi, alors ?
-Tu fais tourner ?
Igor hésita quelques secondes. Puis secoua la tête.
-Même tarif pour tout le monde. Et puis c'est mauvais pour les poumons des 'tits oiseaux.
Xut considéra son camarade avec un profond mépris.
-De toute façon, la seule « qualité » qu'on peut lui reconnaître, à ta mixture, c'est qu'elle sent vachement plus mauvais que tous les trucs légaux.
-Tu sais quoi ? Ça me fait froid dans le dos, d'être dévisagé par un volatile de soixante centimètres.
Xut allait répliquer quelque chose, ou faire une nouvelle moue particulièrement éloquente de dédain avian, ou mettre son bec dans l'œil d'Igor, lorsqu'un rideau rosacé se matérialisa au dessus de leurs têtes, encadrant les salves qui fusaient des canons à énergie de la base.
-L'aurore... murmura Clarisse.

Son embryon d'émerveillement fut avorté par la retentissante sonnerie d'alerte d'El Nigloule, que chacun d'entre eux avait appris à reconnaître au quart de tour. Ils épaulèrent simultanément leurs fusils et balayèrent chacun une portion du champ potentiel d'arrivée d'unités hostiles. Rien ne venait cependant.
Un pas précipité. Les trois soldats pointèrent leurs armes en position de tir mitrailleur sur l'homme qui courait dans leur direction sur la gauche, puis les abaissèrent en identifiant une estafette alliée, provenant probablement du poste d'observation au Nord.
-Il se passe quoi ?
-Vous avez vu passer un sous-marin, d'ici peu ?
-Ouaip. Le Dichotomic, mais ne me dites pas que...
-L'équipage est encore dans le hangar, on ne sait pas qui est à bord !
Alarmé, Xut intervint de sa voix grinçante :
-Tonnerre ! Et le système de contrôle à distance du commandeur centralisé ?
Le messager regarda à ses pieds, quelque peu surpris.
-Pardon adjudant, je ne vous avais pas vu. Le commandeur est inopérant, avec l'aurore boréale, et d'ici la fin des perturbations, les voleurs auront tout le temps de sortir de son champ d'action. Pas moyen de communiquer avec eux non plus, le brouillage est total.
-Et on est censés faire quoi ? gémit Clarisse.
Leur interlocuteur hésita.
-Prendre votre aéroglisseur et foncer au premier centre tactique aérien, dans le quartier Nord de la ville. Il faut neutraliser le bâtiment avant qu'il ne pénètre dans des eaux trop profondes.
-On y va, trancha Xut, en sautant dans le véhicule adossé au mur.
-Eh ! protesta Igor.
-Tu la fermes. T'as tendance à me le faire oublier, mais je suis ton supérieur, alors tu prends ce volant et tu nous amène vite fait sur place !
Igor étouffa une deuxième objection et se raisonna.
-O.K., piglouf, attache bien ton rehausseur, ça va secouer ! s'exclama-t-il en enjambant à son tour la portière. Clarisse prit la troisième place, dégagea les commandes des canons jumelés et fit signe de partir.

L'engin décolla dans un vrombissement assourdissant, et se rua en direction de Pesda nord, sous les yeux d'un observateur perplexe quant aux chances de l'équipage d'arriver en temps, heure et bon nombre de morceaux.


Dernière édition par Robert Begarion le Ven 18 Nov 2011 - 1:11, édité 30 fois (Raison : Bah, seize. Et je dois toujours y revenir pour sauter la ligne entre les liens et le spoiler.)
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Re: DT12

Message par Fear Lyath le Mar 26 Mai 2009 - 18:38

Il ne peut pas s'empêcher de caser le mot "orc", vous en conviendrez. En phonétique, en plus. devil

Vivement la suite ! ^^
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Re: DT12

Message par Manubiwan le Mar 26 Mai 2009 - 19:51

Écrit et produit en cour TP de physique (j'y étais !) Mais vu que tu n'avais pas l'air d'avoir entendu ma critique, la voici !

Bien que très récemment familiarisé avec l'univers riche et étendu de DE, la qualité de la prose reste accessible à tous novice ayant déjà fait un minimum de RP. Et la qualité y est, puisque que les descriptions sont suffisante pour plonger d'entré de jeu le lecteur dans un paysage froid. Les perso on des caractère bien tranchés, et par la même occasion, bien traités. On distingue vite les stéréotypes, mais on découvre avec plaisirs les finesses qui donnent envie de continuer à connaitre les héros.

Coté ambiance, rien à redire. Description agréable à la lecture, pas trop de répétition, c'est beau à lire, facile à imaginer. Que demande le peuple ? Le scénario tiens debout, et vaut le coup d'être lu jusqu'au bout.

Mon seul reproche est peut-être le fait que j'ai tendance à m'emmêler dans les perso, étant donné que tu nous donne pas d'indication de qui parle. Et puis, la localisation reste hasardeuse (Ils sont où, tout le monde ? Au dessus, à coté, en bas... des remparts ^^)

En bref, j'aime bien, mais j'ai l'impression que tu m'as déjà fait lire de la qualité supérieur ! On va dire que c'est à cause du contexte de l'écriture !
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Re: DT12

Message par Jackal le Mar 26 Mai 2009 - 22:40

devil ah, ces éléves de prépa
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Re: DT12

Message par Parthénis [PNJs] le Mer 27 Mai 2009 - 22:20

@ Jackal : attend que je trouve le courage de mettre en forme de manière lisible via forum la Choucroute de Cauchy, et tu auras un aperçu de ce qu'une bande de prépas peut vraiment faire ...
(Pour ceux qui n'en ont pas encore entendu parler, c'est probablement le rp le plus disjoncté et le plus fourré de private jokes de tout l'univers connu ^^")

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Re: DT12

Message par Manubiwan le Mer 27 Mai 2009 - 22:33

Écrit par Robert, Jacob, Parthé et moi même !
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Re: DT12

Message par Jackal le Jeu 28 Mai 2009 - 19:07

je crains le pire *se rappelle des livres de philo...*, bon fait voir ça peut pas être pire que ce que je lis
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Re: DT12

Message par Manubiwan le Jeu 28 Mai 2009 - 20:51

Je t'offre ma rapière si tu trouve la moindre once de cohérence !
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DT12 – chapitre deuxième

Message par Robert Begarion le Ven 12 Juin 2009 - 21:40

Comme promis, le deuxième chapitre. N'hésitez pas à critiquer, j'aime moi aussi me faire démonter la tronche ^^

Spoiler:
DT12 – chapitre deuxième – Le sas technique

Des entrailles tortueuses de la bête jaillit pour la douzième fois le même rugissement ininterrompu, qui durerait trente-quatre secondes, puis laisserait place à une courte pause. Le boyau central exhalait des relents de sueur, tandis que vrombissaient en vain les conduits d'aération. Vêtu d'une combinaison militaire "empruntée" qui était trop petite pour lui d'au moins deux tailles, Gros Bob se mouvait péniblement vers le poste arrière. Il toqua à l'écoutille. à moitié opaque, puis entra dans le local. Il s'agissait d'une cabine exigüe munie d'un pupitre avec un écran, sur lequel était affairé un jeune homme vêtu du même uniforme, en plus seyant. Un panneau mural avait été détaché et des câbles en jaillissaient telles des viscères. Non loin de là traînait une caisse à outils, au contenu à moitié éparpillé par terre. L'individu brandissait une clé à molette, et tapotait son pupitre avec, en manifestant un certain agacement.

-Ho ! Christian, tu as les informations sur l'état de cette carcasse ?
-Si on veut, répondit l'intéressé en flanquant un coup de clé sur le flanc du moniteur.
-Non seulement on veut, mais on est pressé, alors accouche, petit.
-Aucune fuite détectée sur l'ensemble de la coque, poursuivit sans ciller le dénommé Christian, ne quittant pas le moniteur des yeux. Les indicateurs d'étanchéité sont au beau fixe partout et aucune pression anormale n'est apparue. L'appareil semble avoir subi avec succès toutes les opérations de maintenance prévues.
-C'est une bonne chose qu'on ait pas été grugés par nos renseignements.
-Néanmoins...
Gros Bob saisit posément l'avant-bras de Christian, qui s'apprêtait à poursuivre le passage à tabac du malheureux pupitre.
-Écoute, gamin, j'ai horreur des effets de manches et des détails qui chiffonnent, alors je te conseille fortement d'expliquer très vite pourquoi tu essaies d'extorquer des données à ce terminal en l'intimidant avec ta massue, dit-il en serrant fermement le membre de son interlocuteur.
-Eh bien... D'une, je n'arrive pas à connaître précisément le niveau des ballasts, et de deux il n'y a pas non plus moyen d'afficher l'état des réserves d'air.
Son tortionnaire lâcha Christian et se passa la main sur le front.
-Dis-moi : pourquoi n'es-tu pas allé vérifier sur place ? Il y a des indicateurs sur les réservoirs, que je sache ! Et quand bien même ils seraient aussi peu coopératifs que ton suspect, tu pourras toujours mesurer la pression au robinet.
Christian hésita, manifestement gêné.
-Mais qu'est-ce qui se passe à la fin ? Tu paies une location sur ta salive ou quoi ? Quel est le problème avec ces réservoirs ?
Sa langue parut se dénouer quelque peu sous l'énervement de Gros Bob.
-Le sas technique est derrière, dit-il en indiquant le couloir. Mais la porte ne s'ouvre pas. J'ai tout essayé, les tours de volant dans les deux sens, les vingt-trois passes magnétiques du jeu qu'on m'a filé, les accès réseau sécurisés, le cassage de codes "manuel"... Rien à faire.
Christian désigna successivement le couloir, la boîte renversée, le terminal et le trou dans le mur, puis secoua piteusement la tête. Gros Bob ouvrit de grands yeux, se passa la main sur son front suintant, puis articula, en considérant le jeune homme avec stupéfaction :
-Et plutôt que de trafiquer les circuits hydrauliques avec ton outillage de diamantaire, il ne t'est pas venu à l'idée de sortir le chalumeau, ranger tes bonnes manières, et faire un trou dans cette porte ?
-Mais... Ça activera le système de sécurité, une intrusion pareille.
-O.K., gamin, on va déclencher une alarme, et ensuite ?
Christian resta coi, paraissant réfléchir à ce que lui disait Gros Bob.
-Tu crois peut-être que la maréchaussée va venir frapper à l'écoutille en entendant la sirène ? Si ça te hérisse, débranche le haut-parleur mais ouvre-moi ce foutu sas, qu'on sache combien de temps on a pour disparaître de la zone des combats.
Christian approuva du chef, fouilla dans la boîte à outils et mit la main sur un objet cylindrique qu'il vissa au bout de l'engin oblong muni d'un réservoir, posé à côté du panneau mural. L'embout anti-blindage du chalumeau optique.

L'ambiance était glauque sur la passerelle. Pas d'autre éclairage que les voyants des systèmes actifs, les claviers phosphorescents, et la faible lueur du couloir d'accès. Aucun hublot n'équipait le Dichotomic, aussi la discrétion n'exigeait nullement cette ambiance spartiate. Pourtant, l'homme qui occupait le siège du capitaine avait exigé qu'aucun système superflu ne fut activé jusqu'à nouvel ordre. Ce choix singulier avait pourtant l'avantage insoupçonné d'économiser au maximum les réserves en air et en énergie, même si l'équipage ignorait encore à quel point elles étaient comptées.
L'homme examinait les commandes à sa disposition, passait les mains au dessus des commutateurs et des manettes crantées, à ceci près qu'il avait les yeux parfaitement clos. Sa paume s'arrêta à quelques millimètres de la commande qui desservait les transmissions au sonar, puis rebroussa chemin. Il n'était pas encore temps, et cela ne mènerait à rien s'ils ne parvenaient pas à fuir les lieux au plus vite, n'est-ce pas ?
Un murmure en deçà de sa position l'avertit que quelqu'un avait émis le souhait de lui parler. D'un geste imperceptible, il avertit l'individu massif érigé devant son promontoire qu'il acceptait de s'entretenir avec l'intruse.
Une jeune femme blonde en combinaison de plongée s'avança d'un pas trop assuré, qui tenait davantage de la volonté de montrer sa détermination que d'une réelle conviction. En louchant à certains niveaux de l'habit resserré de la demoiselle, n'importe quel membre d'équipage authentique aurait maugréé quelque "pas de gonzesse chez les sous-mariniers !" de mauvaise augure. Fort heureusement, personne à bord ne faisait partie de la marine pesdane.

Oyant un "plic-ploc" incongru, l'homme ouvrit prudemment les yeux, pour s'apercevoir que le bruit provenait de son invitée. La combinaison de plongée était encore trempée, et de fines gouttelettes en tombaient sporadiquement sur le sol métallique de la pièce. La chevelure de la jeune femme, descendant aux épaules, était cependant parfaitement sèche. Tout comme la voix qui s'éleva du siège de commandement, teintée de menace.
-Je suppose que c'était trop vous demander que de ne pas souiller ces lieux.
-Pardon ? demanda la plongeuse, soudain prise de court. Souiller, dites-vous ?
-Préférez-vous "briser l'austérité et la sérénité par les impuretés liquides que vous apportez ici le long de vos jambes", mademoiselle Élice ?
Elle porta le regard à ses pieds, et évalua l'ampleur du désastre.
-Ce ne sont que quelques gouttes. D'eau. Rien d'insurmontable pour vous.
L'homme inspira puissamment, comme s'il s'apprêtait à prononcer une sentence irrévocable, puis sembla se raviser. Il porta un dernier regard dédaigneux à la tenue de la jeune femme, puis attendit calmement qu'elle veuille bien aborder le sujet qui motivait sa venue.
-Deux tubes.
Le front de l'homme se plissa.
-Soyez plus explicite, je vous prie.
-Nous avons seulement deux tubes en état de marche sur huit ! Qu'est-ce que ça veut dire ?
-Vous saviez pourtant dès le départ que nous agirions durant la maintenance des lanceurs de torpilles, d'où notre plan d'action.
-Et on me rapporte que les canalisations inférieures sont scellées, que le contrôle auxiliaire des ballasts ne réagit pas, que le rapport des indicateurs externes de la coque est incomplet, que... poursuivit furieusement Élice sans tenir compte des tentatives de son interlocuteur de relativiser. Quand elle lui eut déballé l'intégralité de la longue liste des tracas du bord, elle darda à son encontre des yeux fulminants, attendant à son tour une explication.
-Et ? demanda posément l'homme.
-Pardon ?
Les yeux d'Élice papillonnèrent.
-Qu'avez-vous découvert à ce propos ? la questionna l'homme. Qu'avez-vous conclu ?
-Que vos renseignements étaient faux, archifaux ! On a démonté suffisamment d'équipements sur cette carcasse pour en fabriquer une deuxième ! Et ça ne vous émeut absolument pas : j'en déduis donc que vous ne nous avez pas tout dit.
-En effet. Mais je ne suis pas responsable des avaries que vous évoquez, en revanche...
L'alarme de bord retentit à cet instant, coupant net le signal sonore habituel, emplissant la salle d'un hurlement disgracieux et monocorde. L'homme s'apprêta à émettre une question, qu'Élice évacua d'un revers de poignet.
-Certainement des hommes qui forcent une sécurité. Il n'y a pas eu de choc.
Le haut parleur grésilla.
-Blessé à bord dans le secteur inférieur 3, je répète, blessé à bord dans le secteur...

Élice déboula dans la coursive au milieu d'un groupe de matelots déboussolés, qui n'avaient pas encore appris l'architecture exacte du sous-marin, et ne savaient donc pas vers où se diriger pour atteindre le secteur inférieur 3. Sans prendre le temps de venir en aide à ces bleus, la jeune femme enjamba souplement celui qui était plié en deux devant un plan du bord, et se jeta dans une trappe latérale accédant au niveau inférieur.
Se rétablissant deux mètres plus bas, elle prit quelques instants pour se repérer à nouveau, puis reprit sa course. Maudissant intérieurement sa combinaison de plongée malpratique, elle bifurqua pour rejoindre la coursive arrière. Ce n'était pas par volonté malicieuse d'exhiber ses formes qu'Élice gardait sa tenue moulante, mais parce qu'elle n'avait déniché nul endroit pour se changer à l'abri des regards. De fait, il n'en existait pas à bord du Dichotomic, qui n'avait pas été prévu pour la mixité.
Enfin, elle se trouva soudainement face à une impressionnante forme arrondie, qu'elle ne put esquiver. Atterrissant sur son postérieur, Élice eut brièvement le temps d'apercevoir deux membres d'équipage installant un corps sur une civière. L'un d'eux déroula un bandage et entreprit d'enserrer avec le torse du jeune homme inconscient, qui arborait une large brûlure à son flanc droit, et dont les vêtements étaient carbonisés à cet endroit.
Levant les yeux, Élice tentait d'identifier le monolithe contre lequel elle avait buté. De son côté, Gros Bob pivota, surpris par cet impact soudain au niveau de sa bedaine. Puis il aperçut la demoiselle à demi allongée sur le dos, tandis que celle-ci se tordait le cou pour voir la tête dépassant au dessus de l'épais personnage qui lui faisait face.

-Ah, c'est toi Élice ? On a du dégât ici.
-Qu'est-ce que vous avez trafiqué pour en écloper un ? D'ailleurs c'est qui ? ajouta-t-elle, se redressant et jetant un regard en direction du blessé.
-Christian, le petit jeune qui devait se charger de la plomberie.
Élice fronça les sourcils à l'évocation du nom du blessé. Puis, jetant un regard alentour, elle constata que la coursive était effectivement tapissée de tuyaux, joints et circuits fluidifiques. Puis elle aperçut la découpeuse laser, et écarquilla les yeux.
-Je l'avais envoyé dégommer la porte récalcitrante du sas arrière, pour qu'on puisse accéder aux ballasts, continua Gros Bob.
-Laisse-moi deviner. Il n'a pas lu le mode d'emploi du chalumeau ?
Gros Bob ne put réprimer un sourire à cette suggestion.
-Je ne sais pas vraiment comment il s'y est pris. J'étais dans la pièce d'à côté en train de déchiffrer les données du terminal.
Élice fronça les sourcils. Ce balourd avait-il lui aussi décelé quelque chose de louche dans les informations distillées par le réseau informatique de bord ?
-J'ai entendu un claquement d'allumage, un hurlement de douleur, puis une odeur de grillade. Le temps que j'arrive à lui, il avait déjà perdu conscience.
Les deux infirmiers soulevèrent doucement les bras du brancard, et emportèrent Christian, toujours évanoui, le long de la coursive. Au moment où ils bifurquèrent vers le poste d'équipage, sommairement transformé en chambre d'hôpital, Élice crut entendre le blessé gémir faiblement.Elle décida que ce devait être le fruit de son imagination.
-Et qui compte se charger de percer la porte, désormais ?
Gros Bob recula d'un pas, ses pupilles décrivant frénétiquement des allers-retours aux coins de leurs orbites, en quête d'un providentiel "volontaire". Il se rendit seulement compte alors que le couloir était désert, et que personne ne viendrait à son secours.
-C'est que je ne suis pas très habile avec ces engins, et puis j'ai encore un programme assez chargé : des tas de points à vérifier... argua-t-il en désignant un papier froissé, tiré d'une de ses poches et recouvert d'indications, de notes et de ratures.
Élice s'accorda trois secondes, interminables pour Gros Bob, afin de le contempler avec mépris et de lui signifier silencieusement la crédibilité de son prétexte. Puis elle lui tourna le dos et partit ramasser l'outil de perçage. Oyant un soupir de soulagement dans son dos, la jeune femme se demanda avec colère comment pouvait-il y avoir aussi peu de tripes dans un tel ventre.

Après avoir saisi le harnais gyroscopique auquel se fixait la découpeuse, Élice trouva tout de même un avantage à sa tenue : la combinaison mouillée aidait amplement à enfiler le sac de nœuds qui avait servi de baudrier à Christian, avant que les brancardiers ne l'en délivrent. Avec un frisson lorsqu'elle vit une lanière à moitié brûlée glisser contre sa hanche, Élice serra les sangles et les bretelles en espérant que l'ensemble tienne le coup.
Soulevant à son tour le canon du chalumeau, la jeune femme chercha la manière d'accrocher les anneaux prévus à cet effet aux mousquetons de son harnais. Ce sur quoi elle plaça ses mains l'une sur la commande de marche, l'autre sur la poignée stabilisatrice, et aligna froidement le coin supérieur gauche du sas. À ce moment, elle sentit une secousse lui parcourir l'échine, et crut déceler un mouvement minuscule. Sans réfléchir, elle plongea au sol et pressa simultanément la gâchette de toutes ses forces. Un rayon de lumière verte se matérialisa et frappa le métal à la vitesse de l'éclair.
Implacablement, la porte riposta.
Avant même qu'Élice n'ait touché terre, un second rayon, bleu, foudroya le plancher en frôlant son torse d'une poignée de centimètres. En trois roulades, elle s'éloigna promptement, mais le tir ne la poursuivit pas. À reculons, elle heurta pour la seconde fois Gros Bob. Constatant qu'il ne bougeait pas, halluciné, Élice lui déclara calmement :
-Note bien qu'en faisant preuve d'un peu plus de courage, tu aurais eu l'occasion de brûler pas mal de calories en trop.


Dernière édition par Robert Begarion le Ven 28 Oct 2011 - 19:12, édité 16 fois (Raison : Vidange des 65 000 nautiques)
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DT12 – chapitre troisième

Message par Robert Begarion le Mer 26 Aoû 2009 - 21:57

/!\ Tirs de bouteilles à la mer /!\

Et un de plus. Mais personne ne critique donc ? Autant dire que je suis génial et que vous êtes subjugués.
(provocation à deux balles : ne pas prêter attention, ou alors très peu)

Spoiler:
DT12 – chapitre troisième – Icecreek

Le timbre déplaisant et répétitif de l'alarme de bord avait cessé de se faire entendre voilà quelques minutes, et le nouveau capitaine du Dichotomic espérait disposer d'un bref répit. Il lui fallait penser la suite des opérations, nécessité d'autant plus urgente que certaine membre du bord avait déjà fourré son nez dans ce qu'il aurait préféré inodore. Aussi fut-il le seul dans l'habitacle à n'être guère surpris lorsqu'un choc sourd ébranla le bâtiment. Le technicien sonar se rétablissait encore péniblement de sa chute que lui était déjà tourné dans sa direction, exigeant du regard qu'on lui fournisse l'identité de l'objet percuté.
-Une sorte de gros débris, estima à la hâte le subordonné en tripotant successivement chacun de ses instruments. Du métal, à en juger la vitesse de plongée. Et il y en a un paquet d'autres qui s'amènent depuis la surface.
-Timonier, modifiez notre cap en conséquence, énonça l'homme avec une note de lassitude dans la voix.
-Bien capitaine. Nous approchons de la zone des combats n'est-ce pas ?
La question étant de pure rhétorique, nul ne prit la peine d'y répondre, et le silence s'installa à nouveau dans le poste de pilotage. Chaque individu remplissait sa fonction avec un zèle crispé, sachant que la distraction devenait maintenant fatale.

Ectasiltémoc abhorrait profondément l'action. Trop de variables, jamais assez de temps, une glorification éhontée du bâclé, et une multitude de crétins qui veulent à tout prix agir les premiers. Mais le destin ne lui avait pas réservé une croisière tranquille. En dépit de chacune de ses tentatives, il savait parfaitement que ses chances de parvenir à réfléchir sereinement étaient nulles. Aujourd'hui serait poudre et éclairs.
C'est sur cette sombre pensée qu'il s'aperçut que plus près de lui, Tepotl menait une lutte acharnée. Le gorille brun et osseux placé à son côté (et n'ayant d'autre fonction apparente que de bloquer physiquement les communications) tentait d'interdire le passage à une sorte d'anguille blonde. Alors que celle-ci semblait sur le point de franchir l'obstacle humain à force de contorsions, Ectasiltémoc lui porta un regard sévère, puis prononça son verdict.
-Plus tard, je vous prie.
Aussitôt, Tepotl se retourna pour saisir Élice à bras le corps, puis la trimbala jusqu'à la porte d'accès tandis qu'elle protestait avec véhémence et remuait vainement sous son épaule. Il la déposa ensuite dans la coursive comme un quelconque colis, puis referma la lourde porte pivotante et enfin s'y adossa, bras croisés.
Alors que chaque homme dans le poste était affairé à manœuvrer au mieux le sous-marin entre les morceaux d'épaves qui sombraient selon des trajectoires diverses et à des vitesses variables, Ectasiltémoc consultait lui-même les instruments à sa disposition. À en juger la progression rapide du Dichotomic, le prochain intervenant ne devrait pas tarder à se manifester. Si du moins le temps passé à étudier les stratégies militaires de l'amirauté pesdane ne l'avait pas été en pure perte. L'impatience commençait doucement à ronger le théoricien.

Ce ne fut qu'un quart d'heure plus tard que la femme occupant le siège de l'officier des communications lui indiqua la réception d'une transmission au sonar.
-Le signal est particulièrement mauvais, mais c'est sans doute par la faute de l'éloignement, sans compter les épaves tout autour de nous qui répercutent les ondes à tort et à travers. De ce qui est encore décodable, je comprends quelque chose comme un ordre militaire de compléter une formation en place, et de prendre part à une offensive. On nous signifie de façon particulièrement crue qu'il faudrait accélérer le mouvement...
-Sonar, repérez prestement et précisément chacun des bâtiments pesdans, puis répétez l'opération pour l'autre camp en présence, en utilisant un second canal.
-Tout de suite capitaine.
Et le technicien de se lancer dans une série de mesures et de relevés, puis d'envoyer les données cartographiées sur le moniteur du pupitre de commandement. Ectasiltémoc demeura un long moment face à son écran, afin de choisir sa proie et en dépit des incessantes sollicitations du sous-marin amiral de modifier son cap. Puis il ordonna au timonier de suivre une galère Métissée de taille moyenne, progressant à l'écart du reste de la flotte en déroute.

Suite à quelques mouvements de gouvernail combinés à des tirs précis, les submersibles pesdans, plus rapides, formaient maintenant une sorte de nasse géante au sein de laquelle étaient regroupés les bateaux aux voiles blanches. Ceux-ci, inconscients du traquenard qui leur était tendu, voguaient vers le goulot en faisant leur possible pour éviter des torpilles qui avaient pour seul but de les y conduire.
De rares bâtiments étaient sortis du piège, et les pesdans prenaient le parti de ne pas les poursuivre afin de concentrer la pression sur le groupe le plus important. Immédiatement après la manœuvre du Dichotomic, il lui fut sèchement ordonné de revenir sur sa trajectoire précédente sans délai. La curiosité d'Ectasiltémoc l'emporta :
-Madame Gavilan, voulez-vous bien demander à cet individu pour le moins entêté le motif de cette interdiction invraisemblable de donner la chasse à une cible hostile en notre portée immédiate ?
Après un échange de transmissions sonar d'une qualité passable, l'intéressée annonça au capitaine :
-Le commandant pesdan prétend qu'il s'agit d'un ordre direct du premier ministre, que la priorité est de saigner à blanc les impurs, un maximum d'impurs. Le nombre d'entre eux sur le bateau que nous poursuivons n'est pas assez important pour que nous obtenions l'autorisation de l'attaquer.
Cette réponse surprit Ectasiltémoc. Le premier ministre Pique sacrifiait délibérément l'intérêt stratégique pour lancer toute sa puissance de feu au combat, à l'endroit le plus dangereux, tout en exposant ses flancs à des ennemis isolés dont il semblait se ficher éperdument. Était-ce de la folie pure ? Ou bien une fine analyse militaire qu'il ne parvenait nullement à comprendre ? Heureusement pour lui et son navire, le capitaine fut rappelé à la réalité en se souvenant brusquement que ses propres objectifs devaient impérativement rester son souci principal.
-Répondez au commandant qu'il a très certainement méjugé le tonnage de ce Métissé. Annoncez-lui quelque chose de l'envergure d'une quinquérème, et que nous engageons la poursuite dès maintenant.
-C'est un peu gros, capitaine, s'interposa l'homme au sonar.
-Tout à fait, puisque vos instruments déraillent, monsieur Zloth. Faites donc en sorte qu'ils le pensent. Ils finiront par nous laisser agir, puisqu'ils n'ont certainement pas un canal de communications entier à consacrer à un sous-marin défectueux.

Ainsi fut fait, et après la troisième sommation, à peine audible sous une vague de parasites étrangement opportune, plus aucune transmission ne fut envoyée au Dichotomic. Sur ordre du capitaine Ectasiltémoc, tout l'appareillage électronique du bord bascula en mode passif, et entama un balayage systématique de toutes les fréquences militaires afin d'espionner les communications du reste de la flotte. Puis il s'assura de maintenir par rapport à sa soi-disant proie une distance et une profondeur suffisantes à la conservation de leur furtivité.
Tandis que l'embarcation atteignait lentement le large, l'équipage apprenait le projet des Piques d'amener la flotte Métissée dans une zone maritime du nom d'Icecreek. Cette bande de glace se faisait naturellement le pendant de l'anse formée par les sous-marins, et les navigateurs des bateaux pris au piège n'avaient aucune raison de connaître les particularités géographiques de l'endroit. Aussi le plan sembla se dérouler à merveille, d'après ce que perçurent les récepteurs du Dichotomic, et la plupart des bâtiments Métissés finirent acculés dans les eaux glacées de la baie. Il fut alors question de la "troisième phase" dans les messages codés pesdans. Contre toute attente, le commandant ordonna une retraite générale à ses subalternes, suivie d'assignations précises de positions. Lesquelles se trouvaient réparties en un large hémicycle autour d'Icecreek.
-Que font-ils donc ? s'interrogea à haute voix le dénommé Zloth.
-Mais enfin, à quoi cela rime-t-il ? lui fit écho une autre voix.
-Troisième phase achevée avec succès, crachota le moniteur des transmissions. Toutes les unités parées pour la quatrième phase.
-Et puis que sont ces foutues phases, à la fin ?
-Ce n'est pourtant pas bien difficile à comprendre, commença lentement Ectasiltémoc. La première phase consistait à regrouper les navires selon la méthode des chiens de berger : faire peur à ceux qui s'écartent trop, car la peur est merveilleusement contagieuse.
Le silence avait de nouveau pris possession des lieux.
-La seconde se résumait à les conduire à l'enclos voulu : Icecreek.
-Et maintenant, ils comptent les parquer jusqu'au printemps ? railla Zloth.
-Au printemps, la glace aura fondu et les brebis se seront envolées depuis belle lurette, lui rétorqua le timonier.
Le communicateur crachota.

-Dichotomic... Dichotomic... Me recevez vous ?
Personne ne s'approcha du bouton de l'appareil.
-Avertissement prioritaire : n'approchez sous aucun prétexte du secteur Icecreek. La phase 4 du Plan A vient de démarrer.
-Quelqu'un a entendu parler d'un plan A ? demanda Gavilan à la volée.
-Non, ça ne me dit vraiment rien... répondit spontanément l'homme des renseignements. Plan A... Plan A... Ils portent tous des noms alambiqués, en temps normal. A comme Assaut ? Abordage ?
-Annihilation.
Les regards se portèrent à nouveau tous vers le capitaine.
-Ou bien Anéantissement, ou encore... Atomique.
Le temps fit une pause. Puis la porte s'ouvrit avec fracas, et Élice déboula dans la pièce, toujours vêtue de sa combinaison de plongée et cheveux en bataille. D'un mouvement général et désordonné, les têtes se tournèrent et les paires d'yeux changèrent de point de convergence.
-Vous nous dites qu'ils vont balancer une bombe A sur les Métissés ?
-Connaissez-vous beaucoup d'autres méthodes militaires qui exigent un périmètre de sécurité large de plusieurs kilomètres autour de la cible ?
Une vague de murmures ébahis, incrédules ou rageurs se propagea.
-Quelle clique de bâtards !
-Ils ont beau être des bâtards, ils ne méritent pas ça...
-Non, les autres bâtards.
-C'est donc un avant-goût de la suite ?
Lentement, le front de la jeune femme se plissait et au travers de mèches blondes éparses, elle porta un regard furieux à Ectasiltémoc confortablement assis dans son siège. Il ne cillait pas.
-Naturellement, vous ne ferez rien.
-Et que voudriez-vous que je fasse ? rétorqua-t-il en agitant la main en l'air. Nous sommes déjà trop loin, et ce qui se passe là-bas ne nous regarde en rien. Ne me faites pas porter la responsabilité d'actes qui ne sont pas les miens, je vous prie.
Et, sur un geste du capitaine, chacun reprit lentement sa place, ses manettes et ses instruments. Tepotl compris, agissant comme s'il ne venait pas de se faire plaquer contre un mur par une porte monolithique d'une demi-tonne. Avant de se saisir à nouveau de la barre, le timonier marmonna :
-Dire que mon frère conduit une barque dans les canaux urbains. Le veinard.

Quelques nautiques plus loin, l'équipage perdit tout contact avec le restant de la flotte pesdane. Les seuls écrans de contrôle extérieur qui répondaient par autre chose qu'un "no signal" froid et robotique étaient les senseurs de proximité. Et ils ne repéraient que des bancs de poissons.
Bien avant que la vigie Métissée ne put crier "Terre" ou qu'un pêcheur local ne fut à même de l'apercevoir à son tour, le sonar du Dichotomic repéra la forme massive du Grand Continent. Le détail de la côte s'afficha en coin sur tous les écrans.
-Nous y sommes ! annonça fièrement Gavilan.
-Fort bien, approuva le capitaine. Deux tubes opérationnels, n'aviez-vous pas dit, mademoiselle Élice ? Lors de notre dernière conversation...
-Si.
-Alors envoyez ce rafiot par le fond.
-Mais enfin capitaine, objecta le maître artilleur, il ne représente pas une menace, alors pourquoi ferions-nous le sale travail des Piques ? N'aviez-vous pas dit que leurs affaires ne nous concernaient pas ? On ne va pas torpiller cette coquille de noix sans défense !
-Tout ce qui est susceptible de compromettre notre mission nous concerne. En dépit des précautions prises, on nous a certainement repéré à bord de ce navire. Dans le cas contraire, ils n'auraient pas coupé au plus court pour rejoindre le Continent. Mais plutôt navigué vers un mouillage sûr, et moins exposé.
-Et alors ? lui rétorqua Élice sans la moindre note de sentiment.
-Si nous avons déployé un nombre incalculable de tactiques et de ruses afin d'être absolument certains que les Piques perdent notre trace, ce n'est certainement pas pour qu'elle soit directement retrouvée par les Métissés. Et offerte sur un plateau d'argent, de surcroît. Coulez-moi cet espion !
Sans mot dire, l'artificière Élice et le maître artilleur Johanes quittèrent simultanément la pièce. Toujours sans échanger une parole, ils se rendirent à la salle de lancement des torpilles. Trois minutes et onze secondes plus tard, le Narval Moqueur, deux-mâts de vingt-cinq mètres de long autrefois doté de quarante rames, ainsi que ce qui restait de son équipage reposaient par quatre cents trente-et-un mètres de fond.


Dernière édition par Robert Begarion le Sam 27 Oct 2012 - 20:18, édité 15 fois (Raison : Très légère erreur de cap.)
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Re: DT12

Message par Ely Julia le Jeu 27 Aoû 2009 - 21:37

Non, il n'y a plus personne T_T Moi, je m'abstiendrais parce qu'effectivement je suis trop admirative pour être assez objective pour trouver des défauts.
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Re: DT12

Message par Jack le Ven 28 Aoû 2009 - 0:11

Bon, allez, je vais hasarder une petite critique : tes gens sont trop normaux, ça manque de pouvoirs. Si on suit le bg de Decenta, il faudrait quand même introduire quelques pouvoirs à la con chez tes persos, genre un pouce allume-cigare, une génération spontanée de cailloux pour frapper les ordis qui marchent pas, un télépathe chargé de la communication avec l'état-major qui annonce 9 fois sur 10 qu'il n'a pas pu recevoir le message parce qu'il n'y a pas de réseau pendant que tout le monde est en train d'utiliser une radio...
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Re: DT12

Message par Robert Begarion le Ven 28 Aoû 2009 - 13:47

Et mince, il y a pensé ><

Imagine-toi les complications que c'est d'inventer deux pouvoirs par perso dans ce rp, ne serait-ce que pour ceux auxquels j'ai fourgué un nom. Si en plus je dois mettre des détails partout -et je le dois, c'est indispensable, tu as bien raison- va me falloir un cerveau en rab'. Pour faire un parallèle, regarde les bd Lanfeust, dans lesquelles chaque humain a un pouvoir : y'a des fois, t'as un peu l'impression que ça s'essouffle ou que ça surcharge non ? (si toi pas, moi si - et là c'est pas un mais deux)

Je te rassure, j'ai prévu deux trois trucs basés sur les pouvoirs (y'en a même déjà eu, mais tu les a pas vus, ha ! ^^) Mais c'est comme dans le rp du forum, on voit pas les pouvoirs des persos à chaque post (sauf Alexi, certes) Je dirai même que dans la fic de Venom'el -qui est sauf erreur la seule autre dans l'univers DoCien- on ne voit pas un seul pouvoir de perso. Y'a juste Miki qui a polymorphé, mais c'est même pas une "anormalité" puisque les Jokers n'ont d'apparence propre que celle qu'ils souhaitent.

Mais je te l'accorde volontiers, ça manque. Boudiou, c'est comme quand on fait du Shadowrun >< Y'a tellement de trucs caractéristiques de l'Univers qu'on peut jamais tout mettre. Ou alors faut faire une campagne super centrée avec une seule corpo, une seule tradition magique, un seul groupe paramilitaire et un seul quartier d'une seule ville (et pareil pour la Matrice, gnark : un seul groupe de hackers hostiles, un seul réseau à infiltrer, et encore pareil pour l'Astal etc.) Et comme vous l'aurez remarqué, ce machin que j'écris est tout sauf centré...

Je ferai mieux la prochaine fois, merci Jack (et je vais peut-être même éditer le dernier, qui n'a pas encore subi les vingt-trois cribles de relecture réglementaires) Sinon, pour le reste de l'histoire, tu as une opinion ? Je veux dire à propos de ce que j'ai écrit, pas à propos de ce qui manque ^^

(et j'ai bien noté que tu ne lisais pas les parenthèses, héhéhé)


Dernière édition par Robert Begarion le Ven 10 Juin 2011 - 19:47, édité 4 fois (Raison : Grunt.)
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Re: DT12

Message par Jack le Ven 28 Aoû 2009 - 19:54

Ben ma foi, ça suit son cours, on se demande un peu où tu veux en venir comme si c'était de l'écriture automatique ^^ Le capitaine est un vrai de vrai capitaine, il dit pas ce qu'il pense, il se justifie de rien, il a ses plans machiavéliques dans la tête que même le narrateur n'est pas au courant. A mon sens on en entend peut-être un poil trop parler par rapport aux épisodes précédents, j'aimerais en savoir plus sur l'histoire d'Elice et son chalumeau laser.

Voilà, en condensé, mon avis sur ce qui précède...
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Re: DT12

Message par Parthénis [PNJs] le Lun 31 Aoû 2009 - 1:35

u_u" j'ai de la misère à commenter les textes, moi -comme diraient nos chers québécois ^^-...

Niveau stylistique, rien à redire... C'est fluide, agréable à lire... Le changement de personnage de point de vue à chaque chapitre est intéressant puisqu'il permet peu à peu d'avoir une vue plus globale de ce qui semble pour l'instant encore assez brumeux =p Les infos arrivent au compte-goutte, mais sans trop se faire prier, on n'a pas l'impression d'attendre dix mille ans que l'auteur daigne nous aiguiller, mais plutôt d'une arrivée fluide et sans à-coup.

Et du côté du fond, je me demande de plus en plus ce que c'est que ce boxon ^^ Perso je trouve que ce texte accroche bien le lecteur !

[Ouais, je me fais une séance rattrapage de fanfics en retard u_u"]

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Re: DT12

Message par Ely Julia le Mar 1 Sep 2009 - 12:59

Je suis d'accord avec Parthé (je m'incruste, désolée). Personnellement j'ai adoré, l’action est fluide et les changements de point de vue donnent une certaine dynamique en révélant certaines choses mais en conservant le mystère (ça me fait bizarre d'utiliser ce mot, doit y en avoir un plus approprié) global, sur tout ce qui est en train de se passer alentours et sur les plans du capitaine qui restent très flou qu'on a hâte de mieux connaître (je trouve ça un tantinet frustrant mais c'est sûrement une bonne chose). Ça se lit très facilement et on est vraiment entraîné dedans.
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DT12 – Chapitre quatrième

Message par Robert Begarion le Ven 30 Oct 2009 - 12:26

Ceux qui me trouvent trop mystérieux, levez la main. Les autres, lisez cet épisode ^^

Spoiler:
DT12 – chapitre quatrième – Partiel

La salle ne possédait guère les murs blancs ou le linoléum, et encore moins l'armoire à pharmacie, le bouton d'appel et la fenêtre lumineuse. Élice n'était pas non plus l'infirmière zélée en blouse blanche. Personne n'avait vraiment eu le temps (ou l'idée saugrenue) de changer la décoration ou passer un coup de rouleau avant d'installer le patient dans sa chambre de grand blessé improvisée. En cas de besoin, l'intercom situé sur le mur auquel était adossé le lit servirait de sonnette. Quant au sol, il était trop encombré de matériel électronique pour en discerner le revêtement. Enfin, faute de hublot sur un submersible militaire furtif, seul un néon éclairait faiblement le visage livide de Christian, entre deux grésillements d'agonie.
Sur sa table de chevet (en réalité, un gros caisson de calibreur métallique poussé contre le matelas) se trouvaient quelques objets, sans doute déposés à l'intention du blessé. Élice discernait notamment un bouquet de fleurs, barbotant dans un bidon d'huile recyclé en vase de fortune, quelques notes difficilement lisibles, et un minuscule pendentif en forme de saule avec son cordon. Elle se demanda tout d'abord en voyant les fleurs si Christian avait eu une touche parmi l'équipage, depuis le début de la mission. Puis elle réalisa que celles-ci auraient difficilement pu être cueillies à bord, et que cela devait donc dater de bien avant les derniers événements.
L'idée suscita sa curiosité un moment, puis elle s'assit sur le rebord du caisson afin d'étudier les autres objets. L'écriture brouillonne était celle de Gros Bob, à qui Élice n'avait pas tout à fait pardonné le rôle qu'il avait joué dans la mise à pied de Christian. Après un intense exercice de déchiffrage, elle put lire qu'il y avait là une liste de choses faites durant sa période d’incapacité, et une autre de celles qu'il lui faudrait effectuer dès qu'il serait opérationnel. Toujours aussi pragmatique.
La babiole, enfin, était un des talismans en vogue chez les Trèfles, et qui commençaient à apparaître sur un peu tous les continents. Celui-ci devait sans doute prodiguer une guérison rapide ou apaiser les douleurs. Si seulement les curieux savaient tout des procédés de fabrication de ce genre d'objets, peut-être les exportations d'Ebluc ne se porteraient-elles pas aussi bien. Néanmoins, pourvu que le charme fonctionne et que Christian se remette au plus tôt, Élice n'en tiendrait pas rigueur à l'enchanteur.

Un frisson persistant gravit l'épine dorsale de la demoiselle.
Aussitôt, elle se retourna en direction du lit afin de faire face à son occupant. Chose étrange, pour la seconde fois de la journée, il lui semblait avoir perçu Christian murmurer quelque chose à son intention. Un bout de phrase tout juste audible. Elle approcha l'oreille de la bouche du blessé, alors qu'il semblait toujours inconscient.
-...
Il était difficile de déterminer s'il s'agissait seulement de la respiration saccadée d'un individu dont la cage thoracique avait frôlé la calcination, ou bien si Christian essayait piteusement de communiquer. Tentative d'autant plus difficile que l'air commençait à se raréfier. Le capitaine devrait bientôt ordonner une émersion, impératifs de mission ou non. Dans le cas contraire, les membres de l'équipage défailliraient un à un, jusqu'à ce que le Dichotomic percute un récif immergé. Ceci dit, il était peu probable qu'on en arrive là : Ectasiltémoc était éminemment obstiné, mais non inconscient.
-Élice ?
Celle-ci tressauta en entendant son nom. Elle voyait maintenant que Christian, au travers de ses paupières tout juste entrouvertes, la fixait calmement. Même s'il ne semblait pas en avoir besoin, elle prit sa main et entreprit quelques propos apaisants.
-Nous ferons bientôt surface. Tu vas te remettre, ne t'en fais pas.
Christian sembla prendre une grande inspiration, dans la mesure de ses moyens.
-Tu l'as eu ?
-Eu ? Qui donc ? demanda Élice, interloquée.
-Celui... Ou celle qui...
Christian ne semblait pas à même de finir sa phrase. Les qualificatifs lui manquaient manifestement pour désigner la personne en question.
-Qui t'a tiré dessus, c'est ça que tu veux dire ?
Élice n'aurait su dire s'il avait vraiment opiné, mais elle eut sans trop pouvoir l'expliquer le sentiment que oui.
-C'était seulement le système automatique de défense. Cette porte était protégée contre les intrusions par un rayon laser assez susceptible.
Christian digéra l'information en tremblotant, puis se força à articuler, écartant péniblement des lèvres presque soudées l'une à l'autre.
-Je crois qu'il y avait quelqu'un.
-Non, tu as du délirer suite à ta blessure, rétorqua Élice sur le champ. On a passé la zone au crible magnétique, au scanner à perforation photonique et aux senseurs IR : il n'y a rien de vivant dans la partie condamnée de la poupe. Pas le moindre dégagement d'émanation anormale, c'est d'ailleurs bien la seule chose sur ce rafiot qui soit conforme aux plans qu'on avait étudiés avant l'opération.
Son interlocuteur resta muet face à cette affirmation, sans cesser de fixer Élice ni ciller. Celle-ci continua, d'un ton plus intrigué.
-Ce qui m'étonne le plus, c'est que le même phénomène se produit pour les ballasts avant : une porte blindée impossible à ouvrir, des circuits électroniques qui fonctionnent de manière autonome, et aucune information technique ne peut traverser la frontière vers le reste du sous-marin. La seule hypothèse qui me vient à l'esprit, c'est qu'on a caché quelque chose au fond de ces réservoirs. Enfin, on le saura bien une fois qu'on fera surface : il suffira de vider les cuves et de descendre à l'intérieur.
Le visage figé persistait dans son mutisme, les yeux toujours braqués sur elle.

Dépitée par l'état dans lequel elle avait trouvé Christian, retrouver le chemin du réfectoire prit une éternité à Élice. Une nouvelle fois, elle songeait à ce qui s'était passé dans la coursive. L'instant où elle aurait pu finir allongée à son côté, avec une brûlure similaire. Ou pire : elle ne portait pas l'habit ignifugé d'un mécanicien naval, et le rayon d'un bleu aveuglant aurait très bien pu lui liquéfier l'abdomen en un instant, s'il avait atteint son but. Afin d'éviter une nouvelle confrontation avec ce système de sécurité, l'accès au couloir avait été restreint, et un massif déflecteur d'abordage fixé sur un trépied devant la porte. Nul n'était parvenu à couper le courant dans cette partie du réseau électrique, et le danger demeurait.
Au moment où elle entrait, son transmetteur de poche crachota pour lui signaler l'arrivée d'une communication holographique. Élice s'empressa d'aller s'asseoir à la seule table vide et accepta l'appel d'un clic. L'image tridimensionnelle s'afficha quelques centimètres au dessus de l'appareil. Reconnaissant le visage du capitaine Ectasiltémoc, elle coupa immédiatement le haut-parleur et fit sortir les écouteurs du boîtier, puis les enfonça prestement dans ses oreilles.
-Mademoiselle Élice.
Le capitaine marqua une courte pause, tentant probablement de déchiffrer l'expression faciale de son interlocutrice. Puis il reprit :
-Je suis en ce moment sur le pont de manœuvre. Nous faisons surface dans quelque minutes, afin de constater l'état global de ce submersible, puis d'effectuer la plupart des interventions mécaniques nécessaires avant de repartir.
Élice porta lentement le micro à ses lèvres et marmonna :
-Alors vous comptez découvrir le fin mot de cette histoire de ballasts, finalement ?
-Bien entendu. À ce propos, je crois également savoir que vous avez rendu visite à notre mécanicien plombier. Comment va-t-il ?
-Guère mieux. Christian est à peine conscient, et l'atmosphère confinée ne lui vaut rien. Cela va être un sacré boulot de le remettre sur pied. Toute la pharmacie risque d'y passer dès qu'il aura chopé la première infection venue.
-C'est précisément pour cela que nous allons le débarquer. Il sera bien mieux soigné à terre, et ne gênera pas notre progression.
-Ici ? Sur le continent Métissé ? Vous plaisantez : c'est une vraie jungle ! Et je ne parle même pas des habitants, une bande de sauvages sans foi ni loi !
-Il existe non loin d'ici un village, essentiellement peuplé de pêcheurs et d'éleveurs. C'est très paisible, et les bandits qui arpentent le reste du continent ne s'y risquent pas. La communauté est à la fois très soudée et accueillante : on s'occupera convenablement de lui.
La jeune femme adopta une moue pensive, puis sembla accepter cette solution.
-En vérité, ce qui m'inquiète le plus, c'est le choc psychologique. Il n'a pas été préparé à ce genre de situation, et je crois qu'il lui est arrivé quelque chose. Je veux dire, dedans.
Élice pointait sa tempe du doigt en un geste explicite.
-Christian a évoqué des trucs étranges. Il croit avoir perçu une présence au moment de l'incident. Ou avant. Ou après. Je n'en sais trop rien et ça n'augure rien de bon pour lui.
Le capitaine sembla réfléchir intensément puis se dérida. Un sourire parut même à la commissure de ses lèvres, et c'est avec un rien d'emphase qu'il répondit :
-Je ne crois pas. Toutefois vous avez raison. Dedans, quelque chose a du changer, et c'est plutôt bon signe. Non, ne me regardez pas ainsi et écoutez attentivement. Je dois vous expliquer quelque chose de très important. Il vous faut savoir que Christian est un Partiel. Ou plutôt qu'il l'était jusqu'ici.
-Pardon ? Qu'appelez-vous donc un Partiel ?
-Il s'agit d'un individu dont un seul des deux pouvoirs s'est éveillé à ce jour. Soit parce qu'il n'a pas encore rempli les conditions requises, soit parce qu'il n'a toujours pas eu l'occasion de s'exprimer jusqu'ici. Dans le premier cas, il peut s'agir d'un âge minimum, le plus souvent la puberté, mais il s'agit parfois d'une date tout à fait quelconque et inexplicable. Ou bien il lui faut un catalyseur, un changement émotionnel, bref quelque chose faisant office de déclencheur. Je crois néanmoins que Christian relève du second cas.
-Et pourquoi donc ?
-Sur le plan spirituel, son âme est complète, entièrement déployée. Il est comme on pourrait dire au maximum de son potentiel. C'est perceptible. Enfin, si vous avez suivi la formation adéquate pour comprendre ce genre d'auras. Plus probablement, il n'a tout simplement jamais encore été au contact de l'élément sur lequel son pouvoir agit. Mettons qu'un individu transforme le plomb en or. Si à aucun moment de sa vie il ne prend un gramme de plomb entre ses mains, son pouvoir ne se manifestera jamais. Or certains individus ont des pouvoirs infiniment plus restrictifs et spécialisés que la norme. Je dirais même "gourmets". Il leur faut bien davantage que du feu, trois gouttes d'eau ou une poignée de terre. Et je crois que Christian a trouvé son carburant. C'est heureux qu'il ait survécu.
-Vous voulez dire que son pouvoir agit sur les systèmes d'autodéfense pesdans ?
-Non. Je vais vous confier une information confidentielle. Nombre d'individus parmi cet équipage sont des Partiels. Ils ont été choisis sur ce critère, outre leurs compétences respectives, car cette mission nous confrontera probablement à l'inconnu. C'est à la fois leur meilleure chance de découvrir leurs capacités, et notre meilleure chance de parvenir à notre but.
Alors que les considérations humanistes d'Ectasiltémoc commençaient à agacer férocement Élice, le son caractéristique du contact avec la surface se fit entendre. Elle remit un peu d'ordre dans ses idées, et rassembla assez de mots pour bricoler une réponse.
-Pour l'instant, mon but c'est de mettre cette coque à nu pour trouver ce qui n'y sonne pas clair. Et tout ce dont on a besoin, c'est d'une cale sèche. Alors si vous voulez bien, je participerai à vos expériences magiques un peu plus tard. Pour l'instant, il y a du boulot.
-Pas pour vous, je le crains.
Élice allait raccrocher, assez fière de ses derniers mots, quand le sens de ceux du capitaine parvint à son cerveau.
-Pardon ?
-Je ne vous l'ai pas encore dit ? Vous débarquez avec Christian. Il va avoir besoin d'assistance pour trouver le chemin du village, et quelqu'un devra rester avec lui pour que nous gardions le contact. Je suis navré : pas d'investigation palpitante pour vous dans un avenir proche. Il va falloir vous faire une raison.
Une nouvelle fois, elle tenta de rabibocher les unes aux autres assez d'idées pour émettre de manière censée l'objection viscérale qui lui montait à la gorge, mais en pure perte. Il avait coupé la communication, et elle était déjà envahie par la lassitude. Cela aurait été vraiment surprenant qu'il n'y ait pas de piège à la clef. Voilà qu'en bon officier, il se débrouillait pour écarter de manière fort diplomatique le membre d'équipage le plus réfractaire à son autorité. Excellent coup, capitaine Ectasiltémoc, ricana sombrement Élice.

Surplombant de seulement quelques mètres la surface des flots, le Dichotomic avait stoppé sa course à l'abri d'une petite baie isolée. L'endroit se situait non loin de la frontière entre la partie arctique et la région automnale du continent. De sorte que derrière une longue plage, la végétation se densifiait depuis la gauche vers la droite, et passait visuellement d'une teinte blanche uniforme à une verdoyance plus tempérée, avant de se barioler en diverses variations de orange, de jaune pâle et de pourpre. Mais le spectacle dont Ectasiltémoc tirait sa satisfaction était en réalité le colossal nimbostratus qui les surplombait. Eux étaient encore au sec, mais Élice et ses quelques compagnons qui canotaient en direction des terres rejoindraient bientôt la forte pluie qui se dessinait dans le lointain. Plus à gauche, les précipitations devenaient chaotiques, jusqu'à créer un véritable blizzard dans lequel les formes nuageuses rejoignaient presque le sol.
Une perturbation atmosphérique de cette ampleur dissimulerait aisément l'engin à tous les espions de haute altitude que les Piques enverraient. Quant à leur flotte, il n'y avait pas de risque qu'elle s'approche des côtes houleuses du continent Métissé avant la contre-attaque. Eux ne commettraient pas l'erreur de la précipitation. Voilà qui laisserait au capitaine tout le temps dont il avait besoin pour effectuer ses arrangements.
-Sale temps ?
Johanes, maître artilleur du Dichotomic, venait de s'avancer à droite d'Ectasiltémoc.
-Non : un ciel magnifique, au contraire.
Et de lever les yeux à la verticale de ses pieds, comme pour saisir le phénomène dans son plus grand ensemble. Le nuage lui rendit son regard, amusé. Johanes l'était également.
-Enfin quelqu'un qui sait apprécier correctement la météo. Je crois que vous me plaisez bien, capitaine. Alors dites-moi, est-ce bien prudent de les laisser seuls, ici ?
Il désignait les quelques formes humaines qui prenaient pied sur la plage, débarquant une civière et dégonflant le petit canot pneumatique.
-Pas plus que ce que nous allons faire de notre côté. Il n'est plus temps pour la prudence, maître artilleur. Nous sommes en chasse, désormais.
-Oui, ces choses-là ne trompent pas un marin. Que poursuit-on ?
-Je ne le sais pas encore, à vrai dire. Pour l'instant nous cherchons des traces. Non loin d'ici, il existe un site immergé. Des ruines jadis habitées. Il n'est pas impossible que nous y trouvions les indications nécessaires.
-Avait-on bien besoin d'un tel bâtiment pour faire de la plongée et de l'archéologie ?
-Seulement si vous considérez que le site en question est à huit-cents mètres de fond, et que sur la vingtaine d'explorateurs ayant eu vent de sa présence, trois seulement sont rentrés, et un seul avec toute sa tête.


Dernière édition par Robert Begarion le Mar 13 Mar 2012 - 20:33, édité 15 fois (Raison : Réparations en cale sèche.)
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Re: DT12

Message par Wolfgang le Sam 31 Oct 2009 - 1:30

C'EST LUI... L'EXPLORATEUR C'EST LUI!!!

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Message par Parthénis [PNJs] le Lun 2 Nov 2009 - 0:54

PARTIEEEEEL !!!!! Merci à toi d'avoir mis un nom sur cette notion que j'attendais sans en avoir pleinement conscience =D

Et moi je dis que cette histoire part en scénar de Cthulhu x)

C'est de plus en plus prenant... J'aime

(Je me demande où, dans les topics purement BG, ajouter un lien vers cette fanfic... Je devrais peut-être la mettre sur la frise chrono ?)

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Message par Robert Begarion le Ven 6 Nov 2009 - 1:55

Ha !

Des admirateurs ! (regarde Wolf, assez surpris) Ah, des admiratrices, pardon... (regarde Parthé, un brin angoissé) Euuuh, si, des admirateurs, en fin de compte... (regarde à nouveau Wolf, etc.)

(Je vais pas m'en sortir, moi... ><)

Que dire, face à de telles réactions de groupies hurlantes et bavantes de lecteurs enthousiastes et manifestement toujours en haleine ? On voit déjà fleurir des théories et des hypothèses invraisemblables, plus des requêtes à l'auteur et voire même un soupçon de reconnaissance officielle. On me flatte, en somme.

Passé cet instant de pur ronron Léonardesque, je vais semble-t-il devoir me résoudre à répondre aux questions... Commençons par le plus facile : je n'ai ni lu ni joué à Cthulhu de mon existence, aussi toute coïncidence est-elle fortuite. => Ô le beau pléonasme ^^.

Quant au mystérieux passé de ce cher Ecta... Dois-je vraiment confirmer ou infirmer ton hypothèse ?

Sinon, je suis très heureux d'ajouter du BG à ce forum (parlons plutôt d'univers), d'autant que cela va faire bisquer Fear. Néanmoins, c'est en réalité ce même Fear qui m'a fourgué l'idée assez vague de jouer avec une catégorie spéciale de pouvoirs lorsque j'ai lu son histoire de "garou" (forme animale incontrôlable, douée de certaines capacités très particulières) Je ne me trompe pas, c'est bien lui qui jouait je ne sais plus quel PNJ de Serra ?

Pour finir, ce topic a tout à fait sa place sur la chrono, mais risque de s'y étaler un peu. C'est toi qui vois Parthé : je n'aurai pas l'audace de t'apprendre comment gérer ce joyeux foutoir paradigme original du rangement, que constituent la frise et le background.

D'autres avis ? ^^ (huez-moi un peu, bande de moules extatiques !!!)


Dernière édition par Robert Begarion le Mer 11 Nov 2009 - 2:18, édité 1 fois
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Message par Ely Julia le Sam 7 Nov 2009 - 21:46

C'est de plus en plus prenant ! J'adore ! Et j'aime cette idée de partiels ! greed
(Par contre, c'est quoi la définition de BG ? Parce que je doute que ce soit la définition populaire qu'on en donne ^^")
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Message par Robert Begarion le Sam 7 Nov 2009 - 22:26

BG = BackGround.

Soit en français le fond, le décor, l'univers qui gravite autour du RP. Pour faire simple, le background de base, c'est la lutte entre Maka et Rony sur un monde divisé en quatre couleurs de Cartes.

Là, on a posé le décor, et plein de questions se posent encore. On peut les résoudre soit par la logique (qu'est-ce qui se passe quand des Trèfles et des Carreaux s'accouplent ? => création des Métissés) soit par des suppositions et/ou des idées farfelues, voire carrément bizarres (comment fonctionne la chrono ? => un compte à rebours qui débouche vers la fin du monde. Pourquoi ? Allez savoir, lol.)

On peut aussi rajouter des morceaux de background simplement pour le plaisir d'étoffer l'univers, sans répondre à une nécessité précise (en l'occurrence les Partiels, mais aussi les Atouts, les contrôleurs système ou le mode de reproduction du Jacobien)

Enfin, il est parfois (souvent !) utile d'écrire une nouvelle page du background dans un RP, afin de le rendre plus intéressant et de donner à découvrir au lecteur une facette inédite de cet univers. C'est un des nombreux moyens de captiver l'attention, la difficulté étant de faire à la fois quelque chose qui s'intègre bien au background déjà présent (évitons l'arrivée de pièces d'Échecs dans la partie, par exemple. Quoique je suis sûr que Maka adorerait ^^), et qui ne devienne pas trop capillotracté, stéréotypé ou envahissant (une machine à remonter le temps remplirait très bien ces trois conditions, et serait probablement source d'une quantité incroyable de bazar, et de migraines pour Parthé)

Cela répond-il à ta question ? (et j'aimerai bien que tu me donnes ta définition "populaire" du BG)

Maintenant, arrêtez de baver : c'est dégoûtant !


Dernière édition par Robert Begarion le Sam 7 Nov 2009 - 23:14, édité 1 fois
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Message par Sxib le Sam 7 Nov 2009 - 23:12

BG populaire : beau gosse... Un peu genre "le blond aux poils brushingués"...

Hum, sympathique idée qu'une machine à remonter le temps... Peut-être Jack, en tant que Dark Venom'el, pourrait y faire plancher quelques scientifiques ?
(remarquons que l'aléthiomètre, de notre cher Pendu, correspond à deux des trois critères de la machine à remonter le temps.)

C'est dégoûtant, et en plus ça transmet la grippe A, du coup vous feriez plaisir à Bachelot !
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Message par Robert Begarion le Sam 7 Nov 2009 - 23:16

Ah ouais ^^ J'avais pas pensé à cette option.

On a déjà une time machine : elle s'appelle Zoveda et Wolfgang a bien failli l'utiliser ^^
(et j'ajouterai que de surcroît, l'aléthiomètre est très légèrement pompé)
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Re: DT12

Message par Wolfgang le Mer 11 Nov 2009 - 2:00

J'ai évité de le faire pour la santé à Parthé...

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